Human Physiology – J. Elliotson (1840)

Human Physiology - J. Elliotson

Human Physiology – J. Elliotson

Imaginez ma surprise quand, dans les allées poussiéreuses des antiquaires de Portobello Road à Londres, je tombe sur ce livre à l’allure de vieux grimoire de sorcier. Un précieux témoignage d’une époque si différente, et pourtant si proche. 20150513_084133

En 1840, le Romantisme est à son apogée. La froideur et l’égalitarisme des lumières ont fini de faire place à l’exergue de l’expression de l’individualité, et surtout, d’une psychologie nouvelle, profondément matérialiste, basée sur le corps, les émotions et donc, le cerveau. Naturellement, les thèses héréditaristes, eugénistes, racistes et misogynes et sont à l’époque le nec plus ultra du monde savant. S’opposant violemment à ceux les précédant, ces penseurs clament haut et fort que la raison n’est pas partagée de manière équitable, que tous les hommes ne sont pas égaux, que l’Homme et la Femme sont profondément différents, et cetera, et cetera. Parfois, il est vrais, ces assertions manquent de soutien empirique.

Cela n’empêche pas John Elliotson, fervent partisan des théories de F. J. Gall dès le début et matérialiste radical, de déclarer que « le mâle est formé pour la puissance physique et intellectuelle, la femelle pour la gentillesse, l’affection et les sentiments« . Au delà du caractère péremptoire qui semblerait aujourd’hui être une provocation, une charge contre la Femme, c’était à l’époque considérer la femme, non plus comme une créature dénuée de raison, mais comme un être à part entière, mu par des motivations particulières, aux différences certaines et dignes d’intérêt.

Est-ce pire que Cabanis (celui qui a donné son nom à la rue d’entrée de l’hôpital Sainte-Anne), qui précisait à la fin du 18ème, que les femmes avaient des cerveaux plus « tendres » que les hommes, et qu’elles restaient quelque peu des « enfants toute leur vie » ?

20150513_084641 Quoi qu’il en soit, le livre regorge de gravures anatomiques d’une qualité impressionnante. Couvrant le corps entier, une grande place est cependant accordée au Système Nerveux, dont les avancées sur la compréhension galopaient comme jamais au travers de ce siècle. Elles rassemblaient philosophes, scientifiques, médecins et poètes, qui participaient tous, à leur manière, aux balbutiement des neurosciences. A la fin de l’ouvrage, c’est avec un amusement très contemporain que le lecteur découvre deux chapitres annexes, couvrant très sérieusement les théories les plus modernes en vogue à l’époque: la phrénologie et le mesmérisme…20150513_084217

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