Recherche sur le film Avengers: Infinity War

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Vous avez-vu le film Avengers: Infinity War ? Lisez-ceci.

Nous menons actuellement une recherche en psychologie et neurosciences, sur la mémoire du dernier film de Marvel.

Si vous l’avez vu, nous vous invitons à tester vos souvenirs du film en remplissant le petit questionnaire (10min) suivant:

https://goo.gl/forms/a1WMwLS8XfwW66Ek1

Dans tous les cas, vous pouvez aussi le diffuser 🙂


Article scientifique en lien :

 

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Neuropsychologue ou Psychologue spécialisé en neuropsychologie ?

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La Lithotomie ou La cure de la folie (Jérôme Bosch, 1494)

Il existe un débat latent, insidieux, qui émerge cycliquement, de temps à autre, pour s’enflammer sur les forums, avant de disparaître de nouveau dans une forme de status quo ou de tabouUn débat qui clive et crispe les opinions de beaucoup d’initiés tout en faisant, en même temps, hausser le sourcil de tout observateur extérieur.

Un débat de mots. 

Plus précisément, un débat relatif à l’appellation d’un métier. S’il peut sembler anecdotique à certains, force est de constater qu’on ne peut l’éviter. Ou plutôt, on ne peut éviter le choix auquel mène ce débat.

De plus, celui-là n’est en rien limité au seul domaine de la neuropsychologie, les gérontopsychologues, les psychologues psychopathologues, les psychologues du travailtous doivent à un moment donné se doter d’une désignation, ne serait-ce que pour se présenter à un client ou imprimer sa carte de visite (en évitant le questionnement philosophico-analytique du lien entre le réel et le nommé).

Pour les professionnels avec une formation en neuropsychologie, il existe plusieurs manières de se désigner. On peut en trouver trois principales : neuropsychologuepsychologue spécialisé en neuropsychologie et psychologue-neuropsychologue. Sont-elles différentes ? Non, elles correspondent à la même formation. Alors, pourquoi ces différences ? Pour des raisons théoriques et pratiques que nous allons détailler ci-dessous.

Plutôt que de me perdre dans une discussion autour de ces appellations, je vous propose de plonger dans le vif du sujet. Je vais présenter les différentes propositions unes par unes. J’opposerai les éléments pour et les éléments contre, et ce aussi bien d’un point de vue esthétiquethéorique et pratique. Au lecteur de juger du poids, de l’importance et du bien-fondé de chacun de ces arguments.

Gardez en tête que, malgré ma volonté consciente d’impartialité, je ne suis évidemment pas neutre dans cette histoire, ayant moi même dû faire mon choix. Cependant, cet article n’a pas pour but de convaincre ou de faire changer les mentalités, simplement d’exposer et d’expliciter un débat important qui existe au sein de notre profession. L’idéal étant, au bout du compte, d’adopter le même positionnement, bien que je craigne que cette union ne devienne de plus en plus compliquée (mais ceci est un autre débat).

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Sans plus attendre, commençons par la proposition numéro 1 :

1. Psychologue

Tout simplement. En effet, pourquoi s’embêter à préciser « psychologue quoi » alors que nous avons tous le même statut légal. Pour rappel, la psychologie, née de la psychophysique (et non pas de la philosophie de l’esprit ou de la médecine) est d’abord expérimentale. C’est au début du XXème siècle, lors de l’adaptation de certaines découvertes (conditionnement, renforcement, apprentissage, habituation…) à des pathologies psychiatriques, que naît le volet « clinique » de la psychologie scientifique (bien que la neuropsychologie « neurologique » ait des racines antérieures). Ensuite, celle-ci prend son essor dans un grand nombre de champs ou de domaines, chaque branche se développant et se complexifiant au point d’en arriver à un problème épistémologique majeur : on ne peut à la fois tout connaitre (c’est à dire maîtriser toutes les connaissances produites) dans chaque branche ; en psychologie cognitive, clinique, du travail, du développement, etc.

Le corollaire est donc la nécessité d’une spécialisation.

Aujourd’hui, cette spécialisation est la clé de voûte de la psychologie. Être psychologue « généraliste » n’a pas de sens (à même titre qu’un historien mayaniste (spécialisé dans la civilisation maya), bien qu’historien, est avant tout expert d’une époque précise et aura peu de chose à dire sur le romantisme bavarois). En psychologie, le vice est encore plus poussé : Car au-delà du domaine d’étude qui diffère, ce sont également les méthodes et techniques d’investigations, les champs d’application et les modèles théoriques sous-jacents qui changent, au point que deux psychologues de spécialisations différentes n’auront finalement que très peu de choses en commun. Pour prendre un exemple concret, un neuropsychologue s’entendra mieux (au sens théorique) avec un orthophoniste ou un neurologue, qu’avec un psychologue du travail, qui lui-même s’entendra mieux avec un DRH, un manager ou un ergonome.

Néanmoins, cela ne serait pas un frein total à une appellation généralisante s’il n’y avait pas une particularité supplémentaire de la psychologie. En effet, pour un biologiste, qu’il soit biologiste moléculaire ou autre, l’appellation aspécifique est moins dérangeante que pour le psychologue. Pourquoi ? Car le psychologue peut avoir une responsabilité directe envers le public, par le biais du soin. C’est là que la spécialisation devient importante. On ne va pas, selon la nature de sa souffrance, consulter chez le même psychologue. Un psychologue de l’enfant, un gérontopsychologue, un neuropsychologue n’ont pas le même domaine d’action et ne sont pas interchangeables. Je n’emmènerai pas un bambin consulter un gérontopsychologue et un pépé consulter un psychologue scolaire. De fait, quelqu’un qui se dit « psychologue tout court », qui reçoit aussi bien des patients cérébrolésés pour faire de la remédiation cognitive que des parents pour de la guidance parentale, que des personnes saines en leur proposant une psychanalyse tout en étant, en plus, consultant dans une entreprise pour « gestion des risques psychosociaux » est, au mieux, un usurpateur dispersé, au pire, un charlatan.

En résumé, si être psychologue correspond à une réalité légale (contrairement aux variantes suivantes, « psychologue » est le seul titre protégé par la loi), il ne reflète en rien la réalité pratique. La spécialisation est devenue par essence obligatoire pour le psychologue, et la faire apparaître explicitement semble être une question de professionnalisme et de respect envers le public et les patients.

2. Psychologue de la neuropsychologie

Psychologue de l’enfantdu travail, psychologue du développement… cela semble marcher plutôt bien. Alors, pourquoi pas psychologue de la neuropsychologie ? Déjà, il faut avouer que cela sonne un peu bizarre. Qu’à cela ne tienne, ce n’est peut-être qu’une question d’habitude : inspectons donc le fond.

Il est à noter que dans les cas où ça marche (psychologue du travail, de l’enfant, du développement…), la spécialisation ajoutée en suffixe correspond en fait à un objet d’étude. Or il s’avère que la neuropsychologie (au même titre que d’autres spécialisations), n’en est pas un. La neuropsychologie a en effet elle-même un objet d’étude propre (la relation entre le cerveau et la cognition). Épistémologiquement, on peut même dire qu’elle remplit les conditions d’une science autonome (qui possède, en plus d’un objet d’étude, des méthodes, techniques et théories qui lui sont propre). Ainsi, on fait de la neuropsychologie, alors qu’on ne fait pas « du travail », « du développement » ou pire, « de l’enfant ».

Ainsi, pour des raisons sémiologiques, psychologue de la neuropsychologie ne semble pas adapté. Passons-donc en revue les candidats sérieux, les poids lourds du ring.

3. Psychologue spécialisé en neuropsychologie

Avec « neuropsychologue », c’est l’appellation plébiscitée par la majorité des praticiens (ARNPN, 2010). Après de longues discussions, il ressort que les tenants de cette appellation mentionnent, au premier plan, deux éléments : 1) Cela souligne que nous sommes « psychologues avant-tout » et 2) C’est le titre « réel ».

 Concernant le premier point, « nous sommes psychologues avant tout », il renvoie en fait à une tradition ou une peur latente dans la profession. Celle d’être réduit à des testeurs. En effet, dans beaucoup d’autres pays du monde, il existe le métier de psychotechnicien, spécialisé en psychométrie (la mesure précise des facultés mentales), dont le but est d’administrer correctement les épreuves neuropsychologiques. Dans ce cadre, le neuropsychologue a plutôt pour mission de les choisir, d’en interpréter les résultats et de les intégrer dans une histoire de vie et un cursus de soin. En France,  une importante part du travail de neuropsychologue clinicien est l’administration des tests. Dans certains secteurs, c’est même la quasi-totalité ! Les bilans s’enchaînent et se ressemblent, sans laisser le temps à l’échange, la réflexion et la rédaction de compte rendu. Pire encore, le neuropsychologue évolue parfois entièrement sous la directive d’un chef auto-déclaré, qui demande à l’avance les tests à effectuer. Dans ces conditions, le métier est fortement amputé de sa richesse, et il va sans dire que le psychologue n’a son mot à dire ni sur l’interprétation, ni sur le diagnostic, ni sur quoi que ce soit. Ainsi donc, nombre de mes confrères sont imprégnés de cette peur légitime d’être réduit à de « simples » (un aspect en réalité loin d’être simple ou anecdotique) testeurs. De fait, par abréaction, ils placent le « psychologue » de « neuropsychologue » au premier plan, « psychologue » jouissant d’une image moins rigide, où l’importance de l’entretien, de l’écoute et du soin apparaît comme évidente.

(Cette inquiétude de réduction ne m’est pas étrangère non plus : les personnes me connaissant noterons comment j’insiste pour parler d’examen neuropsychologique plutôt que de bilan (désignation que je trouve, pour le coup, véritablement réductrice)… À chacun sa bataille.)

Cependant, si cette justification est compréhensible, elle est erronée d’un point de vue logique. En effet, n’en déplaise à certains, nous ne sommes pas psychologues « avant-tout ». C’est une histoire de « classe emboîtante« , pour reprendre des termes de psychologie du développement. C’est à dire que psychologue est une classe hiérarchiquement supérieure à neuropsychologue, qui « emboîte » (inclue) la neuropsychologie au même titre que d’autres spécialités. En d’autres termes, la psychologie est une grosse boite dans laquelle se trouve la neuropsychologie, qui est une boite plus petite. Ainsi, d’un point de vue logique, nous sommes neuropsychologues avant d’être psychologues, psychologues avant d’être scientifiques, scientifiques avant d’être diplômés etc. (On pourrait remonter ainsi jusqu’à « humain avant d’être vivant » et au-delà). Ceci correspond en plus à une réalité pratique : un neuropsychologue sera plus à l’aise pour échanger avec un autre de ses confrères qu’avec un psychologue du travail, vis-à-vis duquel il a moins de choses en commun. Nous sommes neuropsychologues avant tout, ce qui n’empêche pas d’être psychologue, scientifique, citoyen, humain, vivant et amas de poussière d’étoile tout autant.

Le second point devient donc, pour moi, le seul argument fort, car il est indiscutablement vrai. Le seul titre protégé d’un point de vue légal est « psychologue », mais le titre affiché sur le diplôme est (pour faire court) psychologue spécialité neuropsychologie. Du point de vue légal donc, il est plus juste d’être « psychologue spécialisé en neuropsychologie » que tout le reste. Bien entendu, on pourrait faire la critique de la redondance, de la longueur et de la lourdeur de l’appellation, qui n’est sans doute pas la plus esthétique. Mais beaucoup n’ont cure de l’élégance, et à ceux-là on pourrait éventuellement retourner l’argument légal. « Mais le titre officiel n’est pas psychologue spécialisé en neuropsychologie, mais (par exemple) MASTER SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES Mention Psychologie spécialité Neuropsychologie ». Pourquoi, dans ce cas, nous limiter à la fin du titre officiel ?

Néanmoins, par souci d’honnêteté intellectuelle, il faut avouer que les contre-arguments au point légal demeurent faibles et font surtout appel à une question de goût personnel. Ainsi donc, devant les limites d’une opposition frontale, discutons plutôt le second challenger.

4. Neuropsychologue

Vous  l’aurez compris, c’est l’appellation que je soutiens. En plus d’être sobre, concise, claire, explicite et élégante, elle incorpore tous les éléments importants susmentionnés. Elle contient le « psychologue » si cher à certains et le « neuro- » si cher à d’autres. De plus, elle présente un avantage par rapport aux autres variantes : elle ancre le neuropsychologue comme l’expert n°1 de son domaine. En effet, le neuropsychologue est intuitivement compris comme « celui qui fait de la neuropsychologie ». Dans les cas précédents, la neuropsychologie ne devient finalement qu’un domaine dans lequel tout le monde, y compris des non-psychologues, pourraient potentiellement se spécialiser. C’est la porte ouverte aux orthophonistes « spécialisés en neuropsychologie« , neurologues « spécialisés en neuropsychologie » et autres. Le lien entre la neuropsychologie et ses praticiens est fragilisé dans les autres appellations et pourrait participer aux difficultés de la profession, notamment d’un point de vue de la reconnaissance et de l’emploi. « J’ai besoin de quelqu’un qui fasse de la neuropsychologie dans mon service. Pourquoi prendre un psychologue, alors qu’il y a un orthophoniste, un biologiste neuroscientifique ou un psychiatre qui se réclament eux-aussi de ce domaine ?« . Je soutiens donc cette appellation par-delà ces qualités théoriques, pratiques et acoustiques : comme un élément de défense de notre profession.

Quant à l’éventuel argument de « ce n’est pas un titre existant légalement« , certes, c’est un fait. Maintenant, est-ce grave ? A part « psychologue », aucune des appellations n’est totalement juste aux yeux de la loi  (loi qui a déjà changé et qui changera encore cela dit en passant). « Neuropsychologue » est-il pire que les autres ? Entraîne-t-il plus de confusion ? Je ne pense pas. Au contraire, il apporte de la clarté pour le public et les patients. Il place au premier plan l’aspect scientifique du métier, pouvant être questionné chez le « psychologue » par les personnes hors-domaine (combien de fois ai-je entendu « la psychologie, moi j’y crois pas » ou « les psychologues c’est des esbroufeurs« ).  Et, encore une fois, se présenter comme neuropsychologue ne diminue en rien moins notre valeur de psychologue. Il souligne au contraire nos points communs, notre formation et notre expertise. Se rassembler derrière notre métier commence peut-être par le dénommer comme tel.

5. Psychologue-Neuropsychologue

Pour finir, une proposition étrangehybride et chimérique. Potentiellement la pire car elle suggère une distinction gravement erronée. En plus d’admettre l’existence du « neuropsychologue » (et donc d’inclure tous les défauts qui se rattacheraient au point précédent), il l’oppose au « psychologue ». Ainsi, le « psychologue » serait différent du « neuropsychologue ». Sans compter en plus le manque d’élégance acoustique lié à l’affreuse redondance, il devient difficile de voir des arguments en faveur de cette tautologie. Peut-être peut-on y voir la volonté implicite de ne pas totalement trancher entre « je suis avant tout psychologue » et « je suis aussi neuropsychologue » …


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QUID des spécialisations en neuropsychologie ?

Logique d’un point de vue épistémologique, la continuelle évolution de chaque domaine produit de plus en plus d’embranchements. L’époque où l’on pouvait être mathématicien, astronome, philosophe et rhétoricien (comme certains philosophes de la Grèce antique) est révolue. Les génies multi-domaines sont morts avec Leonardo Da Vinci, Descartes et Wagner. Aujourd’hui, on se grandit dans une spécialisation du savoir ou de la technique, et rares sont ceux dont la vision éclaire d’autres chemins.

Ainsi, même le neuropsychologue devient spécialisé. En neurologie adulte, en épilepsie de l’enfant, en gérontologie neurodégénérative, en remédiation cognitive… Bien que les multi-spécialisations soient encore tout à fait possibles, il faut aussi savoir reconnaître ses limites. Par exemple, étant à titre personnel spécialisé en psychiatrie et neurologie d’une population adulte et âgée, il serait malavisé pour moi de proposer une prise en charge d’un enfant sans formation pratique supplémentaire. Et ceci bien que tout diplômé d’un master de neuropsychologie générale possède, dans l’absolu, les connaissances théoriques pour : C’est également une question d’éthique personnelle.

On comprend donc, pour des questions de transparence vis-à-vis des patients et du public, que cette « sous-spécialisation » peut avoir son importance. Si vous êtes atteint de sclérose en plaque, j’aurais tendance à vous adresser plutôt vers un neuropsychologue expert de ce trouble plutôt que vers un neuropsychologue spécialisé dans les troubles neurovisuels.

De fait, il n’est peut-être pas absurde de considérer la mention explicite de la sous-spécialisation. Notez que cela devient un argument en faveur de l’appellation « neuropsychologue » (quelle coïncidence…). En effet, si « neuropsychologue spécialisé en neurologie de l’adulte« , bien qu’un peu lourd, fait sens, « psychologue spécialisé en neuropsychologie spécialisé en neurologie de l’adulte » apparaît comme en deçà en terme de clarté. A minima du moins, il semble utile de préciser si l’on travaille avec des patients (neuropsychologue clinicien), beaucoup de neuropsychologues faisant, à un moment de leur vie, autre chose (entreprise, recherche…).


En conclusion, cet article n’a, encore une fois, pas pour vocation de faire changer les esprits. Ni de froisser mes confrères qui ne partagent pas mon choix (et ils sont nombreux). Simplement d’exposer une base d’arguments sur lesquelles nous pourront construire un débat fructueux pour avancer ensemble vers la réconciliation et le renforcement de notre beau métier.

Films Psychologiques: Cinéma, Psychologie, Psychiatrie et Cerveau.

Le cinéma, comme les autres formes d’art, guide la société en jalonnant son évolution. Les films sont un vecteur ludique d’images et de notions. Ils peuvent servir à illustrer certains concepts, certaines théories ou pathologies, en espérant que cela donne envie au spectateur de se renseigner et de s’informer, plus en détail, sur des sujets importants et souvent méconnus.

La folie est un thème puissant, permettant de la part des réalisateurs de créer les intrigues les plus complexes et les retournements de situation les plus improbables. Ce n’est pas pour rien que la maladie mentale trône en sujet le plus fréquent. Effrayant ou triste, rarement comique, l’angle prit par les cinéastes pour dépeindre la psychopathologie témoigne aussi des attentes de leur public.

Voici une liste de films, en lien d’une manière ou d’une autre avec ce qu’il peut se passer dans notre cerveau, à conseiller à vos étudiants, patients ou toute personne intéressée par la psychologie :

Épouvante / Thriller : 

  • Avant d’aller domir (Before I go to sleep, 2014) : Amnésie (patient HM)
  • The Iceman (2013) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale
  • Effets secondaires (Side Effects, 2013)
  • Shutter Island (2010) : « Asile » psychiatrique, psychanalyse, « déni / refoulement », schizophrénie
  • The Machinist (2005)
  • Trouble jeu (Hide and Seek, 2004) : schizophrénie, amnésie sélective
  • Fenêtre secrète (Secret Window, 2004: schizophrénie
  • Identity (2003) : trouble dissociatif, personnalité multiple
  • Dragon rouge (Red Dragon, 2002) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Hannibal (2001) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • The Barber (The Man Who Wasn’t There, 2001) : personnalité schizoïde
  • L’Expérience (Das Experiment, 2001) 
  • American Psycho (2000) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale
  • Sixième Sens (The Sixth Sense, 1999) : psychologue de l’enfant
  • The game (1997)
  • Se7en (1995) : schizophrénie, trouble dissociatif
  • Copycat (1995) : Trouble panique avec agoraphobie
  • Le Silence des Agneaux ( The Silence of the Lambs, 1991) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme, dysphorie de genre
  • The Shining (1980) : Trouble dissociatif
  • Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me, 1971) : personnalité borderline
  • Psychose (Psycho, 1960)  : trouble de personnalité
  • Le Sixième Sens (Manhunter, 1960) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Santa Sangre  (1989) : schizophrénie

Drame

  • The Road Within (2014) : Tourette, TOC, Anoréxie
  • Welcome to Me (2014) : trouble de personnalité borderline
  • Love & Mercy (2014) : trouble schizoaffectif
  • Camille Claudel, 1915 (2013)
  • Happiness Therapy (Silver Linings Playbook, 2012) : Trouble bipolaire
  • Une soeur aux deux visages (Of two minds, 2012) : schizophrénie
  • Augustine (2012) : Charcot, Hôpital Psychiatrique, « Hystérie » / Trouble somatoforme
  • Take Shelter (2011)
  • Black Swan (2011) : trouble dissociatif, trouble délirant, hallucinations, schizophrénie
  • Everything Must Go (2011) : trouble d’utilisation de substances, addiction
  • A Dangerous Method (2011) : Freud, Jung, « Hystérie » / Trouble somatoforme
  • Une drôle d’histoire (It’s Kind of a Funny Story, 2010) : Hôpital Psychiatrique, Borderline
  • Choke (2008)
  • Rachel se marie (Rachel Getting Married, 2008) : trouble de la personnalité, addiction
  • La question humaine (2007)
  • À cœur ouvert (Reign over me, 2007) : syndrome de stress post-traumatique (PTSD), trouble dissociatif
  • Courir avec des ciseaux (Running with Scissors, 2007)
  • Une fiancée pas comme les autres (Lars and the Real Girl, 2007) : Trouble délirant systématisé, pschothérapie
  • Raisons d’État (The Good Shepherd, 2006) : personnalité schizoïde
  • Frankie (2005)
  • Aviator (2004) : Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC)
  • Irrésistible Alfie (Alfie, 2004) : Personnalité narcissique
  • N’oublie jamais (The Notebook, 2004) : Maladie d’Alzheimer
  • Les Associés (Matchstick Men, 2003) : trouble obsessionnel compulsif (TOC)
  • Prozac Nation (2003) : personnalité borderline, dépression, trouble d’utilisation de substances
  • Elephant (2003)
  • The Hours (2002) : Dépression / trouble bipolaire
  • Down to the Bone (2002)
  • La Secrétaire (Secretary, 2002) : Personnalité borderline, sado-masochisme, fétichisme, domination
  • Un homme d’exception (A Beautiful Mind, 2001) : Schizophrénie
  • Mortel transfert (2000) : Psychanalyse, épisode dissociatif
  • Traffic (2000) : trouble d’utilisation de substance, drogue
  • Une vie volée (Girl, Interrupted, 1999)
  • Fight Club (1999) : Trouble dissociatif de l’identité
  • Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons, 1998)
  • Instinct (1998) : psychiatre, hôpital psychiatrique pénitencier, psychothérapie
  • En présence d’un clown (Larmar Och Gor Sig Till, 1997)
  • Will Hunting (Good Will Hunting, 1997) : Psychologue, Psychothérapie
  • La Chambre tranquille (The Quiet Room, 1996) : mutisme sélectif, développement de l’enfant, trouble somatoforme
  • Peur primale (Primal Fear, 1996) : trouble dissociatif
  • La Leçon de piano (The Piano, 1996) : trouble somatoforme, mutisme
  • Leaving Las Vegas (1995) : addiction, suicide
  • Drunks (1995) : trouble d’utilisation de substance, alcoolisme
  • Nell (1994)
  • Mr. Jones (1994) : trouble bipolaire
  • État second (Fearless, 1993) : stress post-traumatique (PTSD), thérapie de groupe
  • Toto le héros (1991) : personnalité paranoïde
  • L’Éveil (Awakenings, 1990) : Maladie de Parkinson, Hôpital
  • L’île oubliée (Lord of the Flies, 1990) : Psychologie sociale, société
  • Sailor et Lula (Wild at Heart, 1990) : personnalité antisociale
  • Sweetie, 1989 : schizophrénie
  • La dernière tentation du Christ (The Last Temptation of Christ, 1988) :  épisode dissociatif
  • Liaison fatale (Fatal Attraction, 1987) : personnalité borderline
  • La Ménagerie de verre (The Glass Menagerie, 1987) : personnalité dépendante / évitante
  • Hannah et ses sœurs (Hannah and Her Sisters, 1986) : trouble somatoforme
  • Rain Man (1984) : Trouble du spectre autistique, autisme / « Asperger »
  • Les Vestiges du jour (The Remains of the Day, 1993) : trouble de la personnalité
  • Le Choix de Sophie (Sophie’s Choice, 1982) : Dépression / trouble bipolaire
  • Des gens comme les autres (Ordinary People, 1980) : depression, stress post-traumatique (PTSD)
  • Jamais je ne t’ai promis un jardin de roses (I Never Promised You a Rose Garden, 1977) : Thérapie, schizophrénie
  • Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest, 1975) : « Asile » / Hôpital Psychiatrique
  • Persona (1966) : trouble somatoforme
  • La Grande Parade (The Big Parade, 1925) : traumatisme, handicap

Science-Fiction

  • Matrix (1999, 2003, 2005) : réalité et entiment de réalité, intelligence artificielle
  • Mondes possibles (Possible worlds, 2000) :  réalité et sentiment de réalité, déprivation sensorielle, cerveau dans une cuve
  • eXistenZ (1999) : réalité et sentiment de réalité, jeux-vidéos
  • Au-delà du réel (Altered states, 1980) : réalité et sentiment de réalité, drogue, déprivation sensorielle, hallucinations

Comédie

  • Tous les espoirs sont permis (Hope Springs, 2012)
  • Elle s’appelle Ruby (Ruby Sparks, 2012)
  • Oh My God! (Hysteria, 2011) : Hystérie, histoire
  • Habemus Papam (2011) : psychanalyste
  • Petites confidences (à ma psy) (Prime, 2005) : psychanalyse, psychothérapie
  • Sex fans des sixties (The Banger Sisters, 2002) : personnalité histrionique
  • Hollywood Ending (2002) : trouble somatoforme / trouble factice
  • Pour le pire et pour le meilleur (As Good as It Gets, 1997) : trouble obsessionnel compulsif (TOC)
  • Cyrano de Bergerac (1993) : dysmorphophobie

Documentaire / Biographie

  • Neurotypical (2014) : trouble du spectre autistique
  • Elle s’appelle Sabine (2008) : trouble du spectre autistique
  • Shine (1996) : schizophrénie
  • Freud, passions secrètes (Freud, 1962) : Psychanalyse, Sigmund Freud, troubles somatoformes
  • Eleanor Longden: The voices in my head : témoignage schizophrénie
  • Nova – Dying to be Thin : trouble du comportement alimentaire (anorexie mentale / boulimie)
  • Take these Broken Wings : schizophrénie

Dessin animé

  • Vice-versa (Inside Out, 2015) : Mémoire autobiographique, émotions

Série

  • Hannibal : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Sense8

Il manque un film? N’hésitez pas à m’envoyer vos suggestions, je les rajouterais sur la liste 🙂

Un grand merci pour les contributions de Ninette Abi Atallah,  Joséphine Caron, Eric Bethermat et François-Paul Maury.

Docteur, Professeur… Les titres à l’usage des gens instruits.

Pourquoi Ross Geller,  le paléontologue de la série américaine Friends, est-il couramment appelé Dr. Geller par ses supérieurs, ses collègues ou ses étudiants ?

Que se cache-t-il derrière ces titres ?

Pour comprendre, il faut remonter dans l’histoire de l’Homme, à l’époque ou la société était divisée en castes, à l’instar des nobles, du clergé et de ces pauvres gueux dont je fais partie. Les premiers se différenciaient du simple badaud de par leur statut social, leurs privilèges et leurs droits devant la loi. Ils possédaient un titre, précédant leur nom, qui symbolisait la primauté et l’importance du-dit titre. Dans la noblesse, « Sa majesté Intel » (avec des variations telles que « Sa royale majesté » en fonction de la place hiérarchique), dans le clergé, « père Intel » (Monseigneur étant au moyen-âge réservé à l’évêque de Paris) and so on… Notons que si « père » est un titre qui existe toujours, les autres sont devenus moins courant en France (Robespierre et consorts y sont sans-doute pour quelque chose…).

Pourtant, des lors que l’on parle des princes, rois, et autre membres de la famille royale des paradis fisc-, pardon, pays avoisinants, il est courant de voir leurs noms précédés des lettres HRH. Quel est le sens de ces obscures initiales? Il signifie His/Her Royal Highness, et témoigne de leur statut.

Ces titres peuvent renvoyer à différents domaines: la noblesse, comme on l’a vu, mais aussi l’armée, la loi où l’enseignement. C’est avant tout un vecteur d’acquis de différentes formes, et il convient d’en distinguer la civilité, à forme binaire (Monsieur ou Madame).

Dans l’armée et la loi

Dans l’armée, les titres correspondent plus ou moins aux grades : on ne dira donc pas Monsieur Moutarde, mais Colonel Moutarde, le titre se substituant à la civilité, et ainsi de suite pour le lieutenant Dan du film Forest Gump.

Dans le domaine de la loi, le reliquat principal est « maître » (abrévié Me) et s’applique à certaines professions (notaires, avocats, huissiers…). Ces juristes perdent le titre de civilité commun (Monsieur, Madame) tout au long de leur exercice, exception faite quant ils sont eux-même devant les tribunaux ou lorsqu’ils ne comparaissent pas dans l’exercice de leur fonction. A ne pas confondre, donc, avec l’appellation commune « maître » de l’enseignant des écoles primaire, qui est plus couramment appelé « professeur ». Pourtant, ces profs là ne sont pas vraiment profs…

Voilà qui nous amène donc à l’enseignement et la recherche.

Le Docteur (Dr.)

Docteur ne correspond pas un métier ou une profession.

Il s’agit d’un titre, provenant du latin docēre (enseigner), qui correspond au plus haut grade (diplôme) académique international ; le doctorat.

Ce titre universitaire s’acquiert par la réalisation d’études supérieures (un master) suivi de l’écriture d’une thèse de doctorat et de sa défense devant un jury d’experts. Cette thèse discute les découvertes du chercheur dans un domaine donné, et témoigne de son expertise sur un plan international (les publications nécessaires à la validation d’un doctorat étant le plus souvent faites dans des revues internationales). Un docteur est donc avant tout un expert dans un domaine donné, qui peut être un sujet d’histoire, de physique, de mathématiques ou autre.

Son origine remonte à la création même de l’université au XIe siècle. Son abréviation anglaise : le PhD, signifie Philosophiae Doctor, littéralement docteur en philosophie (à comprendre ici sous sa signification originelle grecque comme « amour de la sagesse/connaissance ») : un expert de la connaissance dans un domaine donné.

Réunion de docteurs au moyen-âge.

Mais c’est la que cela se complique. En fait, il existe plusieurs types de doctorats, dont les deux principaux sont:

  • Le doctorat « de recherche »
  • Le doctorat « d’exercice »

En fait, ce qui est écrit plus haut sur le docteur comme expert d’un champs donné n’est valable que pour le doctorat de troisième cycle universitaire (PhD). Il existe également des doctorats d’exercices qui témoignent plutôt de l’acquisition d’un savoir faire technique (un métier). Il s’agit là des diplômes d’état de docteur en médecine (MD), en psychologie (PsyD), en pharmacie, ainsi que les vétérinaires et les dentistes.

Notez  la subtile nuance: le premier est un « diplôme national de doctorat en … » le second est un « diplôme d’état de docteur en … ». Cette différence a son impact: Pour devenir véritablement chercheur, enseignant-chercheur, maître de conférence, professeur et gravir la hiérarchie universitaire, il faut en général avoir un doctorat de type PhD. Un médecin, un pharmacien qui n’a pas, en plus de son diplôme de docteur, un diplôme national de doctorat ne pourra pas y postuler.

Mais pourquoi docteur est-il surtout employé pour les médecins?

En France, il est très rare de voir des docteurs, à part les docteurs en médecine, recevoir la particule « Dr » et être appelés comme tel. Surtout que, dans la majorité des autres pays (et en particulier le monde anglo-saxon, l’Allemagne, la Scandinavie, …), tout docteur est appelé comme tel dans les contextes formels (d’où l’appellation de Ross Geller de la série Friends). Mais pourtant, comme disent nos voisins d’outre-atlantique, chez le « common folk » (citoyen lambda)un docteur est quasi synonyme de médecin. Comme dirait l’autre, C’est grave docteur ? 

Deux raisons peuvent être suggérées: En premier lieu, la bonne compréhension, la connaissance et utilisation de ces titres n’est pas une habileté répandue hors du monde académique. Il est plus courant de se faire donner des conseils par un docteur en médecine que par un docteur en physique quantique. Ensuite, on peut imaginer que nos voisins « anglo-saxons » jouent un rôle dans cette particularité. En effet, la traduction anglaise de médecin est « Physician ». Un mot étrange, qui semble être (du moins acoustiquement) plus en lien avec la physique que la médecine. Alors, pour éviter toute confusion, on peut comprendre que les anglais eurent préféré appeler le médecin par son titre; un « medical doctor » (d’ou l’abréviation MD). Le temps faisant son chemin, il fut abrévié en « doctor ».

Pourtant, même en France, contrairement à certaines rumeurs (répandue en particulier dans les hôpitaux), les docteurs de 3ème cycle ont tout à fait le droit de faire usage de leur titre de docteur. Au contraire même, la cour de cassation a rappelé avec fermeté en 2009 que le titre de docteur appartenait en premier lieu aux titulaires d’un doctorat de troisième cycle universitaire et que la contestation de ce fait pouvait valoir diffamation.

Le Professeur (Pr.)

A ne pas confondre avec le métier d’enseignant, nos chers « profs ».

En effet, les enseignants au collège, lycée, reçoivent un diplôme de professeurs des écoles ou de lycée après un concours sélectif (l’agrégation, pour  les enseignants du lycée). Pourtant, ce diplôme ne les autorise légalement pas à user de l’appellation « professeur ».

En effet, de manière internationale, professeur correspond à un titre universitaire de recherche. C’est le titre le plus élevé, qui s’obtient suite à carrière académique reconnue. Notons qu’un professeur peut, d’ailleurs, ne pas enseigner du tout.

En France et dans le monde anglo-saxon, il est coutume de remplacer le titre de docteur par celui de professeur (ce dernier englobant le premier). Pourtant, dans d’autres pays comme l’Allemagne, il est habituel de cumuler les titres devant son nom. On verra ainsi souvent sur la chaîne Arte des historiens répondant au nom de Prof. Dr. Duzponz. Pire encore (d’un point de vue esthétique en tout cas), ils n’hésitent pas à rajouter d’autres titres, comme celui d’ingénieur.

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Beaucoup de titres pour un seul homme.

Et oui, les Allemands ne badinent pas avec les titres. Pourtant les américains font de même, en entassant cette fois-ci les diplômes obtenus à la fin du nom de famille. Bonjour Thomas Dupont, PhD, MA, MSc, BSc.

Par contre, écrire Dr Thomas Dupont, PhD est une erreur et reviendrais à une sorte de pléonasme.

Complexe, cette histoire de titre…

La formation du psychanalyste.

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Je vais écrire ce billet rapidement sans m’épancher de commentaires tant l’objet du sujet est éloquent per se.

Ce soir, naviguant sur les réseaux sociaux, je tombe sur un message posté dans l’un des groupes des étudiants de l’université Paris Descartes. Celui-ci fais de la communication pour un colloque qui aura lieu le 15 novembre 2014  organisé par une association qui m’était jusque là inconnue. Un certain Réseau pour la psychanalyse à l’hôpital (RPH). Je m’enquis donc d’un sourire teinté de tristesse à l’idée de la dangerosité du seul titre, puis lis la brochure ci-dessous.

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Je survole donc rapidement la description et voit l’habituelle citation, accréditant de la justesse de l’entreprise, de Freud, datée de 1911. Il y à donc 103 ans. Je rigole doucement. Ensuite, par curiosité, je décide de me rendre sur le site de l’association. Sur la page d’accueil.

Première phrase : « Au commencement est la psychanalyse, Sigmund Freud, le retour à celui-ci, Jacques Lacan et quelques autres. » Hum, ça commence bien. Un peu plus bas:  « Pour se former à la psychanalyse, il est tout d’abord essentiel de commencer une psychothérapie avec psychanalyste ou une psychanalyse ». Après tout, pourquoi s’embêter à apprendre des choses et à acquérir un savoir ? Enfin, le graphique en bas de page sur la formation du psychanalyste finit de m’achever. Je me permet de le remettre une seconde fois au cas où vous n’auriez pas lu attentivement celui du haut.formationpsychanalysefreud

Amusé au début, je finis dans l’incompréhension et le désarroi. Vraiment… Est-ce une vaste blague ? « Fantasmatisation de l’organisme; Position transférentielle; Cônification du transfert désir du psychanalyste; danse avec le réel; traversée du fantasme… » Les mots me manquent pour décrire la richesse du délire auquel s’adonnent aujourd’hui les psychanalystes. 

Alors, je ne dirais rien de plus, chacun étant libre de se faire une opinion.


En bonus je vous propose le traitement de maladies dermatologiques ou gastriques par la psychanalyse effectuée par l’un des membres de cette association. Je cite : « Ce traitement de fond où la parole permet de matérialiser ses maux et de ne plus les transformer en troubles fonctionnels digestifs, c’est la psychothérapie et la psychanalyse. C’est aujourd’hui le seul traitement, à proprement dit, prouvé et efficace. Aucun antidote médical ne permet de guérison. » Des propos d’une gravité rare… http://www.psychanalyseparisfaugeras.fr/publications-0.html 
 

Peau de banane, machiavélisme et Jésus: Les gagnants du prix IG Nobel 2014.

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Le concours IG Nobel récompense chaque année des chercheurs issus de disciplines diverses ayant menés des études que l’on considère aujourd’hui comme peu communes…

Je m’explique : grâce a un jeu de mot d’une finesse inégalable, le nom même de ce concours le place en opposition avec le sacro-saint Prix Nobel. Si je devais choisir entre les deux (on peut toujours rêver), je réfléchirais un moment avant de de prendre ma décision (quelques nanosecondes, avant que mes fonds de poche finissent de me convaincre). Car le prix IG nobel valorise une certaine idée, vision de la science, à laquelle j’adhère.

Aujourd’hui, la recherche est guidée par les mécènes qui financent et ont, le plus souvent, un intérêt personnel tout particulier pour certains résultats. D’autre part, il est coutume d’extrapoler les résultats d’un article, aussi minimes soient-ils, à une certaine utilité. Aujourd’hui, les scientifiques doivent être utiles, efficaces, avoir de bonnes raisons de faire une recherche (hypothèses, bases théoriques), ainsi que des résultats applicables, qui serviront à la société.

Alors certes, au vu de la conjoncture économique actuelle, on se dit que c’est loin d’être absurde. Finit les chercheurs loufoques, barbus et solitaires, enfermés dans des ateliers sombres à faire des choses qu’eux seuls comprenaient, la recherche est aujourd’hui dans une logique de production et de rentabilité.

Et cela m’attriste. Si l’on demande à un chercheur « mais pourquoi faire ça? », il tentera de vous convaincre dans un exposé au format variable du bien fondé de sa recherche, de l’assurance de résultats viables et publiables.  Je pense pourtant que la réponse fondamentale, originelle de la recherche à la question « Pourquoi » est : « Car on ne sait pas ».  Ceci définit à l’origine un type de recherche que l’on nomme fondamentale, par opposition à la recherche dite appliquée. Le seul guide, la seule directive de la recherche devrait être de faire quelque chose que l’on ne sait pas encore, qui n’a jamais été fait, d’éclairer l’ombre. De faire avancer la connaissance dans le seul intérêt de la connaissance.

C’est là que vient le prix IG Nobel, qui honore les recherches que l’on considère drôles, absurdes (le plus souvent du fait de leur déconnexion totale de l’utilité) et qui font réfléchir, car elles sont imaginatives, originales, et montrent, ou valident un fait non vérifié, poussant jusqu’à dans leurs retranchements la méthode scientifique.

Tous les ans, le comité se réunit à Harvard pour distribuer les prix. Voici les gagnants de cette année en physique et neurosciences :


Le coefficient de friction sous une peau de banane.

Le Dr K. Mabuchi et son équipe ont ainsi mesurés avec précision le niveau de friction entre une chaussure et une peau de banane, et entre cette peau et le sol, quand une personne marche dessus. Le coefficient de friction était de 0.07, bien plus faible que sur d’autres surfaces glissantes.


Voir Jesus dans un toast.

La « Paréidolie » de visage est la perception illusoire d’un visage inexistant. Typiquement, les gens apercevant le visage de la vierge marie, de Jesus ou autre célébrité dans une flaque, la pluie, un nuage, une feuille de thé, une boule de cristal ou un toast. Les participants étaient informés que 50% de ces images contenaient des visages, tandis qu’ils voyaient en fait des images contenant du bruit (des points placés de manière totalement aléatoire). Et bien ces participants rapportaient voir effectivement des visages 34% du temps! En IRMf, les chercheurs ont montrés une activation du Gyrus fusiforme droit (Plus précisément la FFA, la Face Fusiform Area ) quand les participants pensaient voir un visage, témoignant du rôle de cette région cérébrale dans le traitement de visages réels comme imaginés.


Les psychopathes machiavéliques et narcissiques vivent plutôt la nuit.

Les psychologues differentialistes ont établis un ensemble de traits de personnalité corrélés entre eux qu’ils ont nommé la « Dark Triad ». Ces traits sont le machiavélisme, la psychopathie et le narcissisme. Le Dr Jonason et son équipe ont cherché à voir si cette triade était liée à certains cycles chrono-biologiques spécifiques. Les résultats de l’étude montrent effectivement que ces traits de personnalités sont corrélés à un cycle de vie plutôt nocturne (ces personnes ayant un pic d’activité et d’éveil plus tard dans la journée).


Quand on a mal, mieux vaut regarder un beau tableau.

Ces psychologues se sont intéressés à la modulation de la douleur par l’expérience et le jugement esthétique. Ils ont infligé de la douleur à des participants devant des œuvres belles ou laides, le tout en enregistrant leur activité cérébrale de surface. Ils ont montré que la vision de peintures jugées belles atténuaient la douleur, ce qui se traduisait au niveau neural par une réelle inhibition de l’onde P2, localisée au niveau du cortex cingulaire antérieur. L’expérience esthétique semble donc avoir un réel impact sur la cognition.

Les ambiguités de la notion de psychologie clinique… de 1952 à aujourd’hui

Que veut dire le terme de psychologie clinique ? Qu’est ce qu’un psychologue clinicien ? En 1952 déjà, ces notions posaient problème. Pour décrire le débat et essayer d’en tirer des conclusions, je vais principalement me servir d’un article publié dans les Bulletins de Psychologie de l’université Paris Descartes (voir cet article) par René Zazzo, 3 ans avant sa nomination comme président de la Société Française de Psychologie.

La définition même des différents termes va nous permettre d’identifier la racine du problème. Clinique, tout d’abord. Comme tout étudiant de psychologie, je me suis vu rabâcher de nombreuse fois que ce mot nous venait du grec klinê, traduit rapidement par les psychologues qui m’enseignaient comme « au chevet, au lit du malade ». Ainsi le psychologue clinicien est celui qui opère sur le terrain, au lit du malade. Simple.

Et pourtant… Après recherche, on se rend compte que klinê veut seulement dire « lit », donnant naissance à klinikos, pour devenir clinicus en latin. La définition est la suivante : « Propre au médecin qui exerce son art près du lit des malade » (Académie Française, 1986). Aïe, je comprends mieux pourquoi ces psychologues, nourrissants des relations tumultueuses, complexes et ambivalentes avec les médecins ont préféré une définition plus light. Pourtant, c’est là que l’on trouve le cœur du problème, dans la relation entre les différentes classes et métiers.

« Si les domaines de la psychologie clinique sont si âprement disputés entre psychiatres et psychologues, ce n’est pas seulement pour des raisons très évidentes de bénéfice matériel et de prestige, c’est que le témoignage des mots est contradictoire, c’est qu’aucune frontière n’est clairement dessinée: à tel point que les sceptiques pourraient se demander si la psychologie clinique n’est pas tout compte fait un royaume imaginaire, revendiqué par des fous ou des mystificateurs » (Zazzo, 1952)

L’expression de psychologie clinique fut employée pour la première fois par Witmer en 1896. Il invitait alors le psychologue à quitter l’investigation pure. Le terme de clinique s’oppose alors au psychologue de laboratoire (qui est, je le rappelle, le lieu originel de sa pratique). Mais si la psychologie est dite « clinique » plutôt qu’appliquée, c’est pour spécifier son intérêt envers « les inadaptés et les déficients ». Les patients, en somme.

La notion de psychologie clinique à mis du temps a s’imposer, étant sans être à la fois un métier, une pratique et un domaine scientifique. « Ce test a été interprété avec un point de vue clinique », « La prise en charge, c’est pour les cliniciens ». Si, entre nous, on comprends très bien ce qu’est un « psychologue clinicien », il faut bien avouer que ça ne veut pas dire grand chose. Il est intéressant de voir comment la psychologie clinique et le psychologue clinicien étaient définis à l’origine : de manière bien différente de ce que nous dirait des étudiants ou des psychologues aujourd’hui.

G. Arthur, dans l’encyclopédie de Harriman (1946) les définit comme tels:

  • « La psychologie clinique est l’étude scientifique des processus mentaux des individus dans un but de diagnostic et de thérapie à partir des symptômes d’une mal-adaptation intellectuelle et affective. » 
  • « Le psychologue clinicien observe les mêmes phénomènes que les psychiatres: sont but est de remplacer les normes subjectives du psychiatre par des normes objectives (aussi rapidement que possible par accumulation de données quantitatives obtenues sous le contrôle des conditions expérimentales). »

Autant dire qu’en même temps en France, des millions de francs étaient encaissés (en cash, c’est plus pratique) après avoir somnolé dans un fauteuil tout en feignant d’écouter un « malade » (qui d’après eux ne l’était de toute façon pas vraiment) allongé sur un divan.  Mais je ne m’épancherais pas de nouveau sur les séquelles de la psychanalyse.

Néanmoins, le « Groupement Français pour la coordination psychiatrie-psychologie » propose à l’époque, au terme d’une enquête, de réserver l’expression de psychologie clinique pour désigner une certaine façon d’envisager les faits psychiques et de supprimer purement et simplement l’expression de psychologue-clinicien. On parlerait alors d’aide-médical psychologue ou de psycho-technicien. 

Psycho-technicien, tient tient… Fort est de constater que de nombreux autres pays ont passés le cap: Au Canada, USA, UK et autres, le diplôme français de psychologue correspond à celui de psycho-technicien, une profession centrée sur l’administration valide et précise de tests et d’échelles (expertise très importante que je ne sous-estime pas, bien au contraire) dont l’interprétation est réservée au docteur en psychologie (et au vu de la somme de connaissances à accumuler qui  existe aujourd’hui en psychologie, ce ne serait peut-être pas une idée absurde de rallonger les études des psychologues…).

Bref, psychologie clinique est une notion qui désigne tout et rien à la fois. Par exemple,  l’un des master de Paris Descartes s’appelait Psychologie Clinique et Psychopathologie, et enseignait principalement la psychopathologie et la psychanalyse. Les diplômés de ce master était de facto des psychologues « cliniciens », alors que les neuropsychologues, les géronto-psychologues ou les psychologues de la santé ne l’étaient pas. Cela a produit un énorme imbroglio, les termes de clinique, psychologie clinique, psychologue clinicien se confondant et se substituant tour à tour les uns aux autres. On entend même parfois que « l’entretien clinique » était réservée aux psychologue cliniciens – ou plutôt aux psys sortant du master de psychologie clinique, et que ceux-ci se définissaient justement par la non-utilisation d’échelles et de tests standardisés et de données quantifiables et mesurables alors que, comme on l’a vu, la psychologie clinique était autrefois définie avant tout comme une science objective dont l’objet est objectivable. 

Ce terme de clinique pose décidément problème. Rattaché historiquement à la médecine et aux malades, il devient aujourd’hui ambigu, car même un médecin n’est pas forcément clinicien (radiologue, …). Ainsi donc, il serait bien d’en simplifier l’usage, et de retirer à « psychologie clinique » toute théorie ou courant auxquelles elle renvoie.

Je pense qu’il serait habile de considérer comme clinicien tout professionnel travaillant directement avec et pour des patients. Ainsi, un psychologue clinicien serait un psychologue qui exerce son métier auprès de patients, par opposition à d’autres psychologues travaillant en entreprise, en laboratoire ou autre. Ni plus ni moins. Ce psychologue serait clinicien à même titre qu’un neuropsychologue clinicien, qu’un géronto-psychologue clinicien, qu’un médecin clinicien ou même qu’un infirmier, métier clinique par essence. Ce qualificatif ne renverrait plus à une chapelle ou un courant théorique mais qualifierait seulement le lieu d’exercice, accordant à son détenteur un statut clair et lisible. « Psychopathologue clinicien » se composerait alors de deux termes, le premier renvoyant au domaine d’expertise (ici la psychopathologie) et le second à son type d’exercice ; avec et pour des patients.

L’enseignement de la psychologie – de 1953 à 1967

Bulletins de Psychologie - 1953 à 1967

Bulletins de Psychologie – 1953 à 1967

Cet ensemble d’ouvrages est, pour un épistémologue, un véritables témoignages historique. Bien que la psychologie ne soit pas une science très ancienne, ils relatent, année après année, les importants changements d’orientation. Offerts gracieusement par la bibliothèque de l’institut de psychologie de l’université Paris Descartes (envers laquelle je suis très reconnaissant), ils comportent une collection d’articles, de résumés, de chroniques à destination des étudiants de l’université. Avant l’avènement de l’ère numérique, c’était là qu’ils trouvaient leur programme…

horaires et programme - licence 1 psychologie université Paris Descartes

Et quel programme ! Lagache, Anzieu, Fraisse, Piaget et j’en passe, autant de grand noms ayant forgés la psychologie française. Une chose frappe pourtant l’œil. A l’époque, déjà, Paris Descartes était le siège de la pluridisciplinarité. Tous les courants y figurent: psychologie sociale, expérimentale, psychophysiologie, psychologie clinique ou psychanalyse, autant de diversité enseignée par les plus grands.

D’ailleurs il est intéressant de noter la part importante de la psychophysique et de la psychophysiologie. A l’heure où la neuropsychologie n’existait pas vraiment encore sous sa forme actuelle, les élèves apprenaient déjà un nombre important de formules mathématiques et de lois physiques. Qui disait que la psychologie n’était pas une science ? Aujourd’hui, les étudiants qui s’attendent à ingurgiter bêtement les réflexions fumeuses et mystiques des autres vivent un supplice quand ils se rendent compte que la psychologie, c’est aussi des statistiques, de l’anatomie, de la biologie et de la physique. Et comparé à ce qu’il y avait avant, leur supplice est bien moindre !

Lois de psychophysique

Lois de psychophysique

Les aires de Brodmann

Les aires de Brodmann

Nerfs craniens

Nerfs craniens

On retrouve dans ces ouvrages des cours de pointe sur les nerfs, les aires cérébrales, la biologie, l’interprétation de l’EEG chez les épileptiques etc. qui sont bien plus poussés qu’en 2014. De là à conclure que l’enseignement de psychologie (à l’instar de l’université en général) est de moins en moins demandant… il n’y a qu’un pas.

Ces enseignements scientifiques coexistent avec des textes offrant une vision plus classique de la psychologie, avec de longues envolés mystico-lyrico-littéraires qui permettent à ces étudiants, dont l’objectif est de lire, relire et réinterpréter à l’infini des textes de Freud, d’y trouver leur compte. Néanmoins, certains passages à type de dissertation sont très intéressant, et j’aurais l’occasion sur ce blog de revenir sur plusieurs d’entre eux.

Bref, cet ensemble d’ouvrage offre un témoignage important pour ne pas reproduire ou continuer les erreurs qui ont étés commises dans la direction à prendre pour la psychologie française.

Qu’est ce que la neuropsychologie ?

phreneologyhead-graphicsfairy010bProcédons à une expérience simple et amusante. Prenez un jeune et brillant neuropsychologue et demandez lui « qu’est ce que la neuropsychologie ? ». Dans certains cas, après quelques balbutiements, il vous répondra par un exemple issu de son métier ; « la neuropsychologie, c’est faire ci ou ça ». Au mieux, il vous donnera une réponse incomplète, voire fausse : «la neuropsychologie est un outil», « une méthode » ou pire, « un point de vue »…

Non pas que le neuropsychologue en question soit incompétent, loin de là. Mais c’est un exercice que nous n’avons pas l’habitude de faire. L’enseignement de la neuropsychologie vient petit à petit, de manière dénouée et parcellaire. Si, in fine, nous en acquérons une vision globale, jamais la verbaliser n’est nécessaire. De plus, la définition de la neuropsychologie, complexe et difficile à formuler, est surtout très débattue. Les métiers qui en découlent sont multiples et, trop souvent, d’aucuns essayent de circonscrire la neuropsychologie à leur petite activité. Par exemple, un neuropsychologue qui fera de la remédiation cognitive avec des patients psychiatriques aura sans doute une vision quelque peu différente de celui-ci qui réalise, jour après jour, des examens neuropsychologiques diagnostiques dans un service de neurologie. Et c’est sans compter tous les neuropsychologues ayant choisi une carrière universitaire et académique, enseignants et/ou chercheurs, parfois critiqués par leurs confrères cliniciens.

Aucun problème, dirait le lecteur averti, prenons une définition plus large. Pas si simple. La neuropsychologie occupe une place à part dans l’organigramme de la science, à la frontière exacte entre les sciences humaines, les sciences de la vie et les sciences médicales. En donner une définition trop large reviendrais à perdre son essence dans les tréfonds nébuleux des neurosciences et de la psychologie. Les neuropsychologues, qu’ils soient cliniciens ou pas, ont une formation commune, des bases théoriques spécifiques, un canevas d’analyse et d’interprétation sous-tendu par une méthode rigoureuse et scientifique.

C’est pourquoi, dans l’objectif d’un consensus ouvrant à la compréhension et au débat, je vais tenter de proposer une définition simple, complète et informative.

Le premier point obligatoire, l’axiome premier, est la notion de science. «Science», nous dit Schopenhauer dans sa thèse à l’intitulé baroque (De la quadruple racine du principe de raison suffisante), « signifie un système de connaissances, c’est-à-dire une totalité de connaissances reliées ensemble, par opposition à leur simple agrégat. ». Ce principe s’appliquant parfaitement à la neuropsychologie, qui contient des théories, des hypothèses et des preuves se nourrissants les unes des autres, elle devient de facto une science. Mais pas n’importe laquelle.

La neuropsychologie fait partie d’un amas de sciences ayant pour intérêt la constitution, le fonctionnement et la production d’un même objet : le cerveau. Par conséquent, elle fait partie intégrante des neurosciences. Elle se situe même à cheval entre les neurosciences médicales (la neurologie, la psychiatrie, la psychopathologie…) et les neurosciences fondamentales (la neurobiologie, la neurophysiologie, la psychologie cognitive…). De plus, elle est également liée par de multiples aspects aux neurosciences appliquées (psychopharmacologie, neuro-ingéniérie, neuromarketing etc.).

La nébuleuse des neurosciences.

La nébuleuse des neurosciences.

Comme dit plus haut, la neuropsychologie est un champs d’étude intégrant des théories, des méthodes d’investigations spécifiques, des débats et des experts, qui s’intéresse à la relation entre matière cérébrale, son organisation anatomique et fonctionnelle, et a son lien avec la cognition et la pensée.

Contrairement à d’autres domaines, la neuropsychologie possède également une composante pratique, appliquée, qui se développe dans l’évaluation, le diagnostic et la prise en charge de patients pouvant souffrir de pathologies très diverses.

Ces multiples facettes font la richesse de la neuropsychologie et offrent une liberté de travail potentiellement exceptionnelle. 

Ainsi donc, en résumé* :


La neuropsychologie est une science théorique et pratique étudiant le lien entre l’organisation et le fonctionnement du cerveau, la cognition, la pensée et le comportement.

Elle comporte deux aspects intimement liés :

  • La neuropsychologie expérimentale étudie les variabilités du cerveau et de la cognition (qu’elles soient d’origine pathologique ou non) pour tester des modèles et développer des théories sur le fonctionnement mental, visant ainsi à une meilleure compréhension de l’Homme.

  • La neuropsychologie clinique utilise les théories et les modèles sur le fonctionnement mental pour mieux détecter et appréhender les troubles et les déficits d’une pathologie, menant à un diagnostic précis, tout en développant et appliquant des prises en charges modernes et adaptées.

La neuropsychologie se situe au centre de la nébuleuse des neurosciences, au carrefour de la théorie et de la pratique. Ses praticiens, les neuropsychologues, sont liés par une formation commune, des bases théoriques spécifiques, un canevas d’analyse et d’interprétation sous-tendu par une méthode d’investigation rigoureuse et scientifique.


2017 : Cette définition est enseignée aux étudiants de psychologie de l’université Sorbonne Paris-Cité.

Conseils pour se rendre désagréable

Conseils pour se rendre désagréable et autres essais - Benjamin Franklin

Conseils pour se rendre désagréable et autres essais – Benjamin Franklin

Les grands penseurs ont-ils une tendance aux aphorismes caustiques et aux courts formats corrosifs, ou est-ce parce qu’ils se sont rendus accessible au commun des mortels par leurs biais qu’ils ont étés qualifiés comme tels ? La poule et l’œuf, encore et toujours.

Quoi qu’il en soit, il faut admettre que dans cette catégorie, Benjamin Franklin excelle tout particulièrement. Et il est vrai que je n’aurais sans doute pas lu ses ouvrages si je n’était pas tombé, par hasard, sur ce titre accrocheur. « Conseils pour se rendre désagréable ». Ce petit livre de 80 pages regroupe en fait une compilation d’essais, dont les « conseils pour se rendre désagréable » et les « conseils à ceux qui veulent devenir riche ». 

C’est donc ainsi qu’eu lieu ma rencontre intellectuelle avec ce génie, plus connu pour ses actions politiques que pour son oeuvre scientifique, littéraire et humaniste. Drôle jusqu’au bout, l’inventeur du paratonnerre n’hésitera pas à écrire, à 22 ans, la plus élégante des épitaphes pour orner sa tombe.

 » Le corps de

B. Franklin, imprimeur,

Comme la couverture d’un vieux livre,

Ses pages arrachées,

Ses titres dorés effacés,

repose ici, pâture pour les vers.

Mais l’ouvrage ne sera pas perdu,

Car il paraîtra de nouveau (ce dont il est convaincu),

Dans une nouvelle édition, plus élégante,

Revue et corrigée

Par l’Auteur. »

B. Franklin, de son ton persifleur, commence par ces lignes ses Conseils pour se rendre désagréable :

« L’affaire de chacun est de briller; il importe donc d’empêcher les autres de le faire, puisque leur éclat risque de nuire au nôtre et de le ternir. »

S’en suivent 4 conseils vénérables dont l’efficacité ne fait nul doute au lecteur souriant. A la fin, l’auteur conclut, révélant la malice de son esprit et l’éclat de sa plume.

« [Ainsi], L’homme poli fera plaisir là où il se trouve, tandis que vous ferez plaisir là où vous ne serez pas. »

Je remercie Francis Guévremont pour avoir compilé ces quelques textes cocasses et m’avoir permis de découvrir B. Franklin.