Comment informatiser un questionnaire gratuitement en 10 minutes

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Tuto pratique 🙂

En neuropsycho, comme en psychologie de manière générale d’ailleurs, l’une des méthode d’investigation la plus populaire est l’utilisation de questionnaires. Seulement voilà, il en existe des milliers, avec des versions différentes, des étalonnages et validations particulières, des traductions officielles et officieuses etc.

Résultat des courses : c’est la pagaille ; les cliniciens se retrouvent avec des extraits de questionnaires passés par des milliers de photocopieuses, doivent ensuite faire une cotation fastidieuse et chronophage, avant d’interpréter les scores selon des normes parfois douteuses, utilisant quand ils ont de la chance des fichiers excel sorti d’on-ne-sait-où qui calculent des indices on-ne-sait-trop-comment.

Et car je pense qu’un neuropsychologue doit, et doit pouvoir, travailler avec des outils de bonne qualité, je vais proposer aujourd’hui un moyen d’informatiser des questionnaires, qui feront automatiquement la cotation et la sauvegarde des réponses.

Pour cela, on va utiliser Neuropsydia, un genre de logiciel gratuit, open-source (tout le monde peut contribuer à son amélioration), basé sur le célèbre python, qui permet de développer des tâches, des tests, des expériences, faire des stats et, et c’est ce qui nous intéresse ici, d’informatiser très simplement des questionnaires.

JE VOUS PRÉVIENS : AUCUNE EXPÉRIENCE DE PROGRAMMATION N’EST REQUISE.

Remarque : ceci s’adresse aux utilisateurs de Windows. Pour les Linuxiens ou les membres de la secte à la pomme, cela viendra  ;).

Suivez simplement les instructions suivantes :

  1. Télécharger Winpython (la dernière version, avec QT5 et non-zéro).
  2. Installez-le sur votre bureau ou sur une clé USB si vous voulez (ce logiciel est portable, ce qui fait que vous pouvez le balader sur une clé USB pour l’utiliser chez vous, au cabinet, à l’hôpital…)
  3. Une fois  l’installation terminée, ouvrez le dossier du logiciel, et lancez WinPython Command Prompt.exe
  4. Cela devrait ouvrir une console noire. Copiez-y la ligne suivante :

pip install https://github.com/neuropsychology/Neuropsydia.py/zipball/master

Appuyez sur ENTRER. Le logiciel devrait se mettre à télécharger des trucs (cela peut quelques minutes). Une fois qu’il a fini, fermez-le.

installation neuropsydia winpython pip

TADAAA, vous avez réussi à installer Winpython (qui contient le langage python) et Neuropsydia.

Maintenant, double-cliquez sur Spyder.exe, toujours dans le dossier du logiciel.

Le logiciel s’ouvre (prenant un certain temps la première fois). Il est constitué de 3 fenêtres:

  • L’éditeur (l’équivalent d’un fichier texte : l’endroit ou votre programe sera écrit).
  • La console (La où vit Python, quand vous lancer un programe, il ne fera rien de plus que de copier ce qu’il y a dans l’éditeur dans cette console).
  • Un 3ème panneau pas important aujourd’hui.

Commencez par enregistrer (Fichier -> Enregistrer sous…) le fichier quelque part (genre sur votre bureau). Appelez le comme vous voulez. De manière a ce que ça  donne « commevousvoulez.py » (sans oublier le .py à la fin).

Faisons un test minimal

En théorie, ce fichier devrait être vide, a part la première ligne qui contient # –– coding: utf-8 –-.

Sautez une ligne et collez dessous le code suivant :

import neuropsydia as n  # Load neuropsydia

questions_dictionary = {

 "Item": {
 1: "Is Neuropsydia great?",
 2: "Is Neuropsydia not great?",
 3: "Is Python great?",
 4: "Is Python not great?"
 }
}

n.start()
n.questionnaire(questions_dictionary)
n.close()

Ensuite, appuyez sur F5 ou sur la flèche verte pour exécuter le programe (si c’est la première fois, il vous demande si vous voulez toujours exécuter le script dans la console ouverte, dites oui).

questinnaire computerize neuropsydia

Ne paniquez pas, j’ai réglé mon éditeur en mode « dark » c’est pour ça qu’il est sombre 😉

PAS MAL, NON ? et c’est que le début.

Bien-entendu, l’idée c’est de remplacer les questions par celles de votre questionnaire.

Alors, maintenant, on va complexifier notre questionnaire, en précisant certaines informations, notamment :

  • Quels sont les items inversés : Neuropsydia va ainsi automatiquement calculer le bon score en inversant la réponse du sujet.
  • A quelle dimension appartient chaque item : Souvent, plusieurs items servent à mesurer la même dimension (par exemple, « extraversion »). En indiquant à quelle dimension appartient chaque item, Neuropsydia peut automatiquement calculer la moyenne du sujet pour chaque dimensions.
  • Changer le style des échelles : notamment si l’on ne veut pas une échelle analogique (avec une infinité de points, mais par exemple juste les chiffres de 0 à 7). On peut également proposer que les questions soient automatiquement randomisées, et bien sûr de sauvegarder les données.

Voici un exemple de code pour faire tout ça :

import neuropsydia as n

questions_dictionary = {

    "Item": {
        1: "Is Neuropsydia great?",
        2: "Is Neuropsydia not great?",
        3: "Is Python great?",
        4: "Is Python not great?"
    },
    "Reverse": {
        1: False,
        2: True,
        3: False,
        4: True
    },
    "Dimension": {
        1: "Neuropsydia",
        2: "Neuropsydia",
        3: "Python",
        4: "Python"
    }

}

n.start()
n.questionnaire(questions_dictionary,  # The questions
                anchors=["Not at all", "Absolutely"],  # The edges of the scale
                results_save=True,  # Should it save the data?
                dimensions_mean=True,  # Compute the mean by dimension?
                analog=False,  # Lickert-like
                edges=[0, 7],  # Values underneath
                style="blue",  # The cursor's colour
                randomize=True)  # Randomize the question's order
n.close()
questinnaire computerize neuropsydia

Une version un peu plus complexe.

Neuropsydia permet de faire bien plus de choses encore, mais c’est déjà une bonne introduction. Comme prévu, le programe a enregistré un fichier de résultats contenant toutes les informations nécessaires.

questionnaire_results

NOTE : A chaque fois que vous voulez exécuter le programe, il faut ouvrir une nouvelle console python en cliquant sur l’onglet « Console » puis « Ouvrir une console Python ».

Vous trouverez ici directement les scripts utilisés, avec d’autres exemples.

Bon courage, et n’hésitez pas à me faire un retour si vous rencontrez des difficultés ou des problèmes. Ou juste pour me passer le bonjour 🙂

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La lecture à froid dans le conseil et la psychothérapie

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Cold Reading in Counselling and Psychotherapy: Becoming the Projected Archetype – Alex H Parker (2012)

Dans la série mini-livres, Amazon m’a aussi emboucané pour celui-ci. Un lendemain de soirée ayant affaibli mes capacités d’inhibition, un prix à la portée de mon porte-feuille (3,48€) et hop, me voilà en train de donner une chance à l’un des représentant d’une certaine zone d’ombre de la thérapie / conseil / coaching / arnaque.

Il existe, en fait, une continuité entre la psychanalyse la plus orthodoxe, la plus psychologique et médicale, et la pratique de la divination / astrologie / mentalisme etc. De manière intéressante, le champs théorique qui fait le lien est appelé « psychologie des profondeurs » et se dit découler des travaux du célèbre Carl Gustav Jung.

Celui-ci, ancien disciple (adoubé héritier, puis déchu et répudié) de Freud, fonda la « psychologie analytique » (se distinguant ainsi de la psychanalyse de Freud). Il s’agit de l’un des courants psychodynamique que je trouve les plus intéressant : précurseur de l’éthnopsychiatrie, Jung cherche à travers l’exploration des cultures et des mythologies du monde l’essence de l’inconscient. Il théorise ainsi « l’inconscient collectif » et met en avant deux notions centrales : l’archétype et la synchronicité.

Ces deux notions, doublées d’une certaine relecture des  travaux de Jung, font ainsi directement le lien avec une pratique du tarot pseudo-divinatoire (sur lequel j’écrirais bientôt un autre article), et mènent ensuite rapidement à la pratique de l’astrologie, chiromancie, et autres arts mystiques. Mais avant de tomber dans les limbes de la pseudo-science, certains tentent de se servir des outils offerts par ce domaine pour mener à bien des vraies thérapies. C’est l’objectif de Alex H Parker à travers son livre.

Le titre fait transparaître 3 éléments :

  • « Cold Reading«  se réfère a une technique utilisée, consciemment ou non, pour extraire un maximum d’informations correctes sur la personne en face nous en un temps très court. Les astrologues le maîtrisent parfaitement, mais un vendeur de cassoulet pourra également l’utiliser de manière automatique pour parvenir à ses fins (en l’occurrence, vendre son cassoulet).
  • « …in counselling and Psychotherapy » donne l’orientation du livre. Pas question ici de tarot, de divination ou d’astrologie, c’est bien de thérapie (et donc de soin objectif) dont il sera question.
  • « Becoming the Projected Archetype » se réfère à l’appartenance à la pensée Jungienne.

Voilà qui nous donne une bonne idée de ce que l’on va trouver dedans.

Ainsi, l’auteur passe la première moitié du livre a se dédouaner d’utiliser des techniques « mystiques » en psychothérapie et à souligner l’importance de la bienveillance du thérapeute. Ces puissantes techniques, nous prévient l’auteur, peuvent être destructrices si elles sont utilisées à de mauvaises fins.

S’en suit une description, assez claire et précise il faut l’avouer, de quelques techniques et des failles psychologiques sur lesquelles elles sont basées :

  • Exploiter l’effet placébo.
  • Les énoncés « Barnum » : des propositions donnant l’impression d’être personnelles alors qu’elles s’appliquent à tout le monde (cf. les prédictions astrologiques).
  • La « pêche » (fishing) : faire une suggestion en espérant qu’elle ait une signification pour quelqu’un.
  • Les « silences féconds » (pregnant pauses) : maintenir le silence qui entraîne le patient à livrer des éléments importants.
  • La détection de patterns : comment mettre a profit le biais humain qui consiste à voir du sens, une signification ou un pattern dans des éléments a priori sans relation.
  • La lecture à froid thérapeutique : utiliser la lecture à froid de manière positive.

En conclusion, pourtant bien que mieux que ce à quoi je m’attendais, c’est un livre que je ne conseille pas. Il existe de meilleurs ouvrages, aussi bien sur la psychologie analytique Jungienne que sur les techniques dites de « mentalisme ». Pour ce qui est de leur application en thérapie, c’est une bonne initiative que d’en parler, mais elles méritent une vraie description basée sur des travaux scientifiques, première étape pour aboutir à leur utilisation « laïque » (neutre vis-à-vis de tout courant intellectuel) et véritablement saine.

La Colère de la Mer – Le Sublime en bande dessinée

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La Grande Vague de Kanagawa – Hokusai (1830)

 

Attention, cet article est partiellement en anglais.

Ceux qui suivent ce blog connaissent mon intérêt pour l’esthétique, l’étude du beau et de son expérience. Cependant, la dimension qui me passionne le plus dépasse la simple expérience esthétique, aussi puissante soit-elle. Il s’agit du sublime.

Sans entrer dans l’histoire et la philosophie de ce concept (qui est, au passage, passionnante), je voulais simplement partager ici une courte bande-dessinée qui l’illustre, je le crois, à merveille.

En quelques mots, il se pourrait que le sublime soit, ou soit causé par, la conscientisation soudaine de notre propre impermanence, qui vient briser le délire collectif mégalomaniaque d’immortalité dans lequel nous vivons  enfermés et qui nous maintient dans un état « d’utilité » à l’espèce (car, dans l’absolu, a quoi bon faire quoi que ce soit si l’on part du principe que l’on mourra tous tôt ou tard ?). Dans le sublime, l’absurdité (au sens Camusien) de la réalité se dévoile, nous envahit, et c’est cette rupture, cette prise de perspective, ce changement de focale qui créé ce sentiment indescriptible.

Mais assez philosophicoté. La bande-dessiné (ou comics, faisons american) ci-dessous vient de l’éblouissant site existentialcomics.com, dont l’auteur, le génial Corey Mohler, mêle avec le plus grand brio humour, philosophie et dessin. Et vraiment, je pourrais continuer longtemps sur une éloge dithyrambique tellement ce site, si vous n’avez pas de problèmes avec l’anglais, est fantastique pour découvrir ou rire la philosophie. Et ce comics ci, l’un des plus serieux, décrit donc le sublime.

Je ne vais pas commenter ou traduire ce stupéfiant poème en prose, car il m’a moi-même fallu de nombreuses relectures pour en saisir les subtilités. Au delà du sens, une formidable puissance se dégage au travers du texte et des mots qui ne laisse pas, je crois, insensible.

Avant de finir, la vague d’Hokusai (en début d’article) que j’ai sous les yeux en écrivant cet article vient de me rappeler une petite histoire qui pourrait sembler anecdotique et sans rapport aucun (mais qui en fait l’est tout à fait, vite appelons un psychanalyste à la rescousse). En regardant un jour un documentaire sur les fractales (l’un de mes sujets préférés de mathématiques [dont il existe d’ailleurs d’intéressantes applications en statistiques potentiellement applicables à la psychologie…]), le mathématicien Mandelbrot (dont la fractale la plus connue tire son nom) racontait la genèse de sa découverte et de sa conceptualisation des fractales. De manière intéressante, il y parlait d’Hokusai. D’après Mandelbrot, Hokusai avait réussi à saisir, de manière intuitive, la nature profondément fractale du monde (d’après Mandelbrot (et d’autres), le monde et la nature sont organisés selon une géométrie fractale). En témoigne l’écume de la grande vague engendrant elle-même d’autres petites vagues identiques…

Voici un saut au cœur de l’ensemble de Mandelbrot (pardonnez la musique de mauvais goût, vous pouvez la remplacer par ceci). D’ailleurs, les fractales n’auraient-elles pas par nature… une dimension sublime ?

Hannibal Lecter

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Hannibal – Thomas Harris (1981 – 2006)

Quel formidable personnage de fiction que le Dr. Hannibal Lecter, psychiatre et cannibale de son état. Après un premier film sorti en 1986, on retiendra surtout l’interprétation frissonnante d’Anthony Hopkins durant trois films (dont l’un dirigé par Ridley Scott). Egalement grand admirateur de cet acteur, je pensais difficile que quiconque puisse l’égaler dans l’incarnation du criminel. C’était avant les 3 saisons de la très esthétique série Hannibal (2013 – 2015) où Mads Mikkelsen (Le Chiffre dans James Bond – Casino Royal) nous livre une fantastique version élégamment rafraîchie du tueur.

C’est simple, que ce soit dans les films ou la série, et bien que qu’il ne soit pas le seul personnage central (l’intrigue tournant souvent autour d’un détective et d’un autre criminel recherché), on n’attend que lui, et on savoure les moments où le brillant cannibale est mis en scène, conduisant à un conflit cognitif marquant : « comment puis-je autant apprécier ce monstre ?« .

Cet été, j’ai donc entrepris de m’atteler à la tâche et de lire les 4 romans sur lesquels sont basés les films.

L’auteur, malgré le succès international de ses livres, est discret, pour ne pas dire absent des médias. Un comble pour un journaliste. Après un premier thriller écrit en 1975, il ne produira *que* la série de romans centrée autour d’Hannibal (4 livres en 25 ans). Cela pourrais sembler peu… avant de les avoir lu.

Hannibal est un personnage complexe, appréciant aussi bien la cuisine la plus délicate que la musique classique, ses connaissances s’étendant de la peinture à la neuroanatomie, en passant par la littérature italienne et la psychologie. De plus, l’histoire se déroule dans le contexte nébuleux du FBI et de l’investigation criminelle, où se mélangent allègrement politique d’état et enquête scientifique.

Autant de sujets que Thomas Harris traite avec une remarquable crédibilité, même quand il décrit la jeunesse d’Hannibal, dans le Paris honteusement soupçonneux de l’après-guerre. C’est impressionnant de voir s’étendre, page après page, la culture de l’auteur au travers de son personnage, le voir produire d’augustes descriptions de l’enfer de Dante, puis enchaîner sur une revue des produits chimiques pouvant l’aider à se sortir d’une situation. J’ai été bluffé de la justesse des nombreuses références aux théories ou aux évaluations psychologiques que recèlent les livres.

Il est intéressant de noter que les films et la série prennent de nombreuses libertés par rapport aux romans. Pourtant, aucune des histoires contées ne diffère par sa plausibilité. On prend plaisir à noter les différences, surtout celle sur la fin : alors que, dans le film « Hannibal », la dernière scène le montre dans un avion, seul, en cavale, faisant goûter à un enfant un délicat morceau de cerveau, la fin du livre n’est pas… exactement du même registre. Je n’en dirais pas plus.

En conclusion, je vous laisse sur le morceau (de musique) préféré du cannibale, qu’il réclame plusieurs fois au cours de ses incarcérations (et que l’on peut entendre dans le film Le Sillence des Agneaux dans la prison fédérale, avant son passage à l’acte).

Super matrice de corrélation avec R

mongraphique.png

Matrice de corrélation sous  R

Attention, voici un post qui n’a rien a voir avec les livres. 

Mais qui, néanmoins, pourrais servir aux étudiants et chercheurs perdus dans la dense jungle des statistiques. Les corrélations sont l’une des procédures statistiques les plus basiques, permettant de voir les liens linéaires entre deux variables. Souvent, une fois ses données acquises, il est courant de faire une matrice de corrélation (un tableau contenant toutes les corrélations entre nos variables deux à deux) pour voir comment les variables s’organisent entre elles (je ne juge pas du bien fondé de cette pratique).

Et il s’avère que j’ai justement un développé un package, open-source et gratuit, qui permet de le faire très simplement avec R.

Je vais vous montrer ici comment faire.

  1. Si ce n’est déjà fait, installez R et RStudio.
  2. Ouvrez RStudio et créez un nouveau script.
  3. Sauvegardez le quelque part.
  4. Coller dans ce script (la fenêtre en haut à gauche) le code suivant.
install.packages("psycho")
library("psycho")

Sélectionnez ces  2 lignes et appuyez sur CTRL + ENTRER pour l’exécuter dans la console. Après quelques téléchargements, vous devriez réussir à installer et activer le package que l’on va utiliser.

On va ensuite invoquer pour un set de donnée disponible dans R pour le rendre visible (et l’attacher à une variable que l’on nommera « df ») et l’utiliser dans cet exemple.

Exécutez la ligne suivante :

df <- attitude

Maintenant que nos données sont chargées dans une dataframe nommée « df », On peut en faire un rapide résumé. Pour cela, exécutez le code suivant :

summary(df)

Comme on peut le voir, notre dataset contient 7 variables numériques (correspondants à la réponse de 30 employés à 7 questions portant sur leur entreprise, comme le salaire, les opportunités d’apprendre, la qualité générale etc.).

Ok, nous allons maintenant pouvoir calculer les corrélations. On va stocker les résultats dans une variable appelée « results ».

results <- correlation(df)
summary(results)
plot(results)

Ta-dam, R nous sort un tableau de corrélation dans la console associé à un joli graphique. C’est un début, mais on aimerait enregistrer ces 2 éléments pour pouvoir les réutiliser dans un article ou un mémoire.

matable <- summary(results)

On va donc enregistrer la matrice dans un objet « matable ». On peut ensuite sauvegarder cette table en l’enregistrant au format .csv (pour Comma-Separated Values; le format standard de statistique ouvrable par excel et tout les programmes de stats). Sous RStudio, cliquez sur « Session -> Set Working Directory -> Choose Directory » et choisissez là ou vous voulez l’enregistrer. Ensuite, exécutez la ligne suivante :

write.csv2(matable, "matable.csv")

Vous pouvez ensuite ouvrir votre fichier matable.csv avec excel (note: si jamais vous êtes sur un ordi anglais, essayez write.csv() dans le « 2 »).

matrice_correlation

Vous pouvez maintenant copier ce tableau sous Word et en faire ce que vous voulez.

Mais comment enregistrer le graphique ? De manière similaire, on va enregistrer la sortie de la fonction pour faire le graphique dans un objet « mongraphique » comme ceci :

mongraphique <- plot(results)

Ce graphique étant au format ggplot2, vous pouvez ensuite le sauvegarder comme suit :

ggsave("mongraphique.png", mongraphique)

mongraphique.png

Et voilà, le tour  est joué.

A noter que vous pouvez également modifier le type de corrélation (pearson par défaut) en faisant correlation(df, type= « spearman »), ainsi que modifier la correction des p values  (Holm-Bonferroni par défaut) en faisant correlation(df, adjust= « none ») pour faire des corrélations non-corrigées (ceci est vivement déconseillé).

La Nef des fous – S. Brant

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La Nef des fous – Sébastien Brant (1494)

Composé il y a plus d’un demi-millénaire, à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance, cette oeuvre fut le livre le plus lu en Europe au XVIe siècle. Parue à Bâle le jour du Carnaval de 1494, la Nef se répandit instantanément à travers le monde germain puis, après sa traduction en latin, à travers toute l’Europe entière, donnant naissance à des représentations cultes, à l’instar du tableau éponyme du célèbre Jérôme Bosch.

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La Nef des fous – Jérôme Bosch (1500-1510)

Loin d’être un manuel de psychiatrie, la Nef se veut un catalogue des petites folies du monde, un répertoire des péchés et décrit, page après page, un étonnant cortège de sots et d’insensés, courant à leur perte sans songer à sauver leur âme. Selon la tradition du temps, c’est une oeuvre satirique avant tout, doublée d’une touche didactique de moralisme chrétien.

Ainsi, chaque page, illustrée, décrit un personnage, en vers, avec humour et sarcasme. De manière tout à fait pertinente, le livre s’ouvre sur le « capitaine » de la nef : l’homme entouré de mille livres qu’il n’a point lu. Autant dire, pour l’auteur de ce blog sur les livres, il en émane une saveur particulièrement cocasse.

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Parmi les thèmes abordés, on y trouve la cupides, les bavards, les galants, les mendiants, les mauvaises femmes, les grossiers, les esprits  rebelles et ceux qui étudient (et font des doctorats)… pour rien.

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Le Profileur gestuel – J. Messinger

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Le Profileur gestuel – Joseph Messinger (2009)

Certes, cela pose des questions de sécurité et de liberté importantes… néanmoins, le traçage de l’activité sur internet a parfois du bon. Notamment en ce qui concerne la publicité ciblée.

Et bien oui, quitte à avoir de la pub’, autant qu’elle soit intéressante. C’est donc dans ce cadre que les doux algorithmes d’Amazon, qui visiblement commencent à me connaitre, me proposent une liste (bien fournie) « d’articles qui pourraient vous intéresser. » Le pire, c’est que j’y dégote des choses intéressantes. Parfois.

D’autres fois, c’est un pousse-au-crime, comme avec ce petit (7 x 10 cm) Profileur gestuel. Bon, je me doutais que ça n’allait pas être la révélation du siècle : bien qu’elle commence à se dissiper, la mode des micro-gestes, du décryptage, du mentalisme et de la manipulation vogue encore sous une brise bien lucrative. Pourtant, malgré le fait que j’en connaisse les dérives et les déformations les plus caduques, ce livre-ci m’a convaincu de lui laisser une chance.

L’auteur, décédé en 2012, aurait été LE spécialiste de la symbolique gestuelle. Et, surtout, le livre est à 2,99€.

Bon, la quatrième de couverture commence mal :

« Vos gestes révèlent votre véritable personnalité. »

« Mieux choisir vos amis avec ce détective gestuel. »

Ces deux accroches suggèrent 1) que nos gestes révèlent une personnalité que nous mêmes nous ignorons d’avoir et 2) qu’il faut choisir ses amis en fonction de leur gestes… grâce au manuel, évidement. Ainsi, cher ami, si par malheur tu as le regard orienté en bas à gauche, tu es donc « menteur professionnel, doublé d’un hypocrite, dans presque tous les cas de figure » [P. 99].

En résumé, le contenu du livre frise le délirant. L’auteur y enchaîne pèle-mêle références neuroscientifiques pour enfants de 4 ans (le plus souvent avec cette histoire de cerveau gauche / cerveau droit), références psychanalytiques, banalités, considérations coiffeur-esques (voir extrait n°2 et 4), et citations littéraires essorées à l’eau de pluie.

Traverser ces 159 (mini-) pages est, au mieux, divertissant et, au pire, inquiétant et déprimant : de nombreuses personnes y adhèrent réellement. Sans vouloir rentrer dans un moralisme plat saupoudré de suffisance rationaliste, la question de comment briser les mythes et les fantasmes dérivés de ces pseudo-sciences se pose…

Quelques extraits (réels, j’insiste) :

  • P. 19: « Votre interlocuteur (masculin et droitier) croise les jambes. La jambe droite couvrant la gauche : La jambe droite est commandée par l’aire cérébrale gauche, c’est à dire le cerveau cognitif [et le cerveau droit il fait quoi ? il joue aux cartes ?]. » Votre partenaire est donc sur un mode attractif [quel rapport avec le cerveau cognitif ?]. « La sympathie est au menu de l’entretien ».

 

  •  P. 21: « La raie qui sépare vos cheveux en deux parties inégales est un sillon voyageur » : D’après l’auteur, la forme de la raie est loin d’être anecdotique. Le parent coiffant le plus régulièrement l’enfant dans sa tendre enfance impose la latéralité de cette raie et, ainsi, « projette inconsciemment son mode de séduction sur son héritier ». « La raie à droite » procède donc « d’un caractère bien trempé, un individu combatif. […] Chez la femme, elle dévoile une fille un peu mec […] qui refuse de jouer son rôle de femme [qui devrait être…?]. C’est une séductrice combative, une charmeuse de serpents ». Et la perle rare : « Il existe un rapport statistique visible entre la raie à droite et le port du sac suspendu à l’épaule droite qui définit la femme d’action. » J’en ris encore.

 

  • P. 23 : « Il pose son coude en appui sur la table et dissimule ses lèvres de son index droit » : L’index droit indique « un personnage qui tentera de jouer son influence pour vous amener à accepter ses conditions […]. Les bluffeurs abusent souvent de ce refrain gestuel alternatif ». Et, paragraphe suivant : « Quand l’index gauche dissimule les lèvres, le geste trahit aussi le bluffeur. Il tente de duper son monde pour avoir l’air, mais il n’a pas la chanson ». Conclusion, quelque soit l’index avec lequel vous vous dissimulez les lèvres : vous êtes un bluffeur !

 

  • P. 34 : « Le clin d’œil gauche est plus émotif, plus complice, il traduit une connivence amicale ou affectueuse sans connotation séductrice. » Mince, j’ai tendance à cligner avec le droit… que vont croire les gens ?

 

  • P. 36 : « Pas de sillon » : « Preuve de ‘consensualité’ et de convivialité : Ni susceptible, ni séducteur de haut-niveau, l’individu sans raie est juste doué d’un esprit d’adaptation qui lui facilite la vie et lui permet de se faire accepter partout sans levée de boucliers ». L’auteur rajoute, en vrai scientifique : « Cette définition tient sur l’observation des comportements de plusieurs individus aux chevelures très fournies et sans frontières définies ».

 

  • P. 38 : Vous applaudissez avec votre main droite qui vient percuter la gauche ? Votre mode d’implication est évaluateur, réducteur, voir critique. Vous jugez l’artiste au lieu d’apprécier la prestation.

 

  • P. 55 : « Un anneau unique à l’oreille gauche est révélateur d’un sujet fantasmatique et ambigu. Le lobe droit est synonyme d’érotisme et aussi d’opportunisme […]. Un anneau unique à l’oreille droite trahit le libertin ». J’aurais aimé entendre l’interprétation de l’auteur pour mes cinq anneaux…

 

  • P. 63 : « Vous vous grattez le genou gauche ? Votre envie de fuir le débat est annoncée sans être effective.

 

  • P. 64 : « Votre interlocutrice, en position assise, entortille sa jambe droite de sa jambe gauche ou l’inverse. La jambe boa gauche trahit la femme fusionnelle. La jambe qui est emprisonnée est possédée par l’autre jambe. Cette posture préfigure une possession symbolique de type amoureux ». L’auteur ajoute ensuite une petite citation de derrière les fagots : « Ne dit-on pas que la jalousie est une prison dont la femme qui en est la gardienne a perdu la clef ? » Très bien, mais quel rapport ?

Vous savez tout.

Introduction à la philosophie esthétique

 

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Introduction à la philosophie esthétique – Marc Sherringham (2003)

 

« De toute façon, les goûts et les couleurs, ça se discute pas ». Cette banalité, en plus d’être horripilante, renvoie à une forme de relativisme utile, tout au plus, à fermer une discussion avec inélégance. Qui plus est, si elle semble être une évidence pour la plupart des gens qui aiment à la rappeler, beaucoup ignorent que, jusqu’à récemment, le beau n’était justement pas une affaire de « goût ».

Ce n’est qu’avec le scepticisme de Hume au 17ème siècle, puis l’avènement du modèle critique mené par Kant que se fait remplacer le modèle classique de l’esthétique, en place depuis l’antiquité grecque. Dans le modèle critique, le jugement esthétique se veut plaisir désintéressé, détaché, et universel. S’en suivra la conception romantique de l’esthétique qui finira par faire centrale le lien entre le beau et l’émotion qu’elle placera dans une perspective idiosyncrasique (que l’expérience et le jugement esthétique sont relatifs et peuvent  différer selon les individus).

Bien que l’étude scientifique du beau, de son jugement et de son expérience n’en soit qu’à ses balbutiements, elle est déjà décrié. Pourtant, elle espère apporter des réponses nouvelles à des questions millénaires en couplant la quête de la vérité (certains paradigmes esthétiques ont proposé que c’est avec l’art et le beau que se révèle la vérité), à la vrai nature de la réalité ainsi qu’à son ressenti émotionnel. Ainsi, c’est une nouvelle forme de relation au monde que tentent d’appréhender la recherche, aussi bien philosophique que scientifique, sur l’esthétique.

Les Yeux Brouillés – Dialogue entre Art, Science et Philosophie

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Les Yeux Brouillés – Vol. 1

Arrêtez de lire un instant et regardez autour de vous. Votre écran d’ordinateur, vos mains, votre bureau, votre clavier… Tout cela vous semble réel, non ?

Les sons que vous entendez, les couleurs que vous voyez vous semblent être bien là, dans ce monde extérieur, bien réelles… Et pourtant, elles ne sont que pure interprétation de votre cerveau. Les couleurs, les sons, les formes, rien de tout ceci n’a de sens… Et pourtant, il n’empêche, nous acceptons, sans même nous poser la question, l’hypothèse de la réalité du monde.

Quand je dis nous, j’exagère, car ce n’est pas une évidence pour tout le monde. Dans certaines pathologies psychiatriques, comme le trouble de dépersonnalisation / déréalisation, les patients savent que le monde est réel mais, pourtant, ne le ressentent pas comme tel. Et que dire d’un bon film, que l’on sait être de la fiction mais que, l’espace d’un moment, nous ressentons comme réel ? Ou encore, de nos rêves, pure construction de notre esprit, vécus également comme (trop) réels, ou des hallucinations expériencées par certains patients psychiatriques ou neurologiques… Quand on voit l’anxiété qu’elles peuvent générer, on en devient sûr : pour eux, ce n’est pas un film.

En fait, l’accès à la réalité n’est ni acquis, ni stable, ni évident. En fait, c’est la notion de réalité elle même qui est complexe, et qui mobilise depuis toujours les esprits des philosophes comme Platon, Descartes, Leibniz, Kant, Schopenhauer ou Nietzsche… et aujourd’hui, les neurosciences sont en train d’apporter un nouvel éclairage sur la question.

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Pour en savoir plus, je vous invite à lire ce premier numéro d’un nouveau magazine Bordelais, fondé par Marie Penavayre et Romain Quesnoy, dont le but est de rendre la connaissance plus accessible en mêlant art, science et philosophie. A l’intérieur se mélangent des articles écrits par des écrivains, des philosophes, des artistes, des scientifiques qui tous, à leur manière, tentent d’éclairer d’une petite lumière la question du rêve, de l’illusion et du réel.

Un très beau magazine, à la direction audacieuse et courageuse : je vous invite à soutenir ce projet en achetant leur magazine ou en vous abonnant à la page Facebook des Yeux Brouillés.

Facebook : https://www.facebook.com/LesYeuxBrouilles/

Commander en ligne : http://bit.ly/1Rycru7

 

 

Comment accéder gratuitement à tout article scientifique

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Le fonctionnement de la recherche est parfois étrange. Censé être diffusée, partagée, ouverte à tous, les seuls pouvant pourtant accéder aux articles scientifiques sont les universitaires ayant la chance d’être abonné aux revues. Pire encore, dès lors qu’un chercheur publie son travail, celui-ci ne lui appartient plus !

Autrefois, l’activité la plus longue, complexe et fastidieuse d’un scientifique était la recherche des autres travaux accomplis sur un sujet donné. Imaginez-vous, en 1872, chercheur français s’intéressant aux mécanismes de communication du cerveau. De fantastiques travaux sont alors réalisés de par le monde, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Russie. Problème, le latin scolaire que l’on vous a enseigné est inutile : la plupart des recherches sont publiés dans leurs langues respectives et, à part quelques mots d’allemand ou d’italien, vous ne les maîtrisez pas assez. Autre problème, la circulation des revues et des livres. En effet, il faut voyager, se rendre dans les autres universités de par le monde et passer des journées entières à survoler les journaux en espérant trouver l’article qui fera avancer votre pensée. Et, à l’époque, se permettre de voyager longtemps et loin n’est pas à la portée de toutes les bourses.

De plus, dans cette époque tourmentée, il était courant que les états entrent en guerre les uns avec les autres, sonnant un glas temporaire sur ces pérégrinations intellectuelles. Ce système a perduré jusqu’à la guerre froide, où les recherches faites par les brillants chercheurs soviétiques étaient difficiles d’accès pour ceux de l’Ouest (et vice versa).

Mais alors, depuis la chute des blocs, la diminution de l’entrave à la libre circulation pour des motifs politiques, la démocratisation de l’anglais comme langue unique de recherche, la communication de masse, l’informatisation et la distribution des articles scientifiques grâce à internet ont-elles permis l’avènement d’un monde avançant ensemble vers la connaissance?

Que nenni !

Après les barrières culturelles et politiques s’est dressé une barrière économique.

Un diktat organisé par des éditeurs, tels que Elsevier, qui tiennent d’une poigne de fer l’accès aux articles et investissent des millions dans des paywalls au top de la technologie destinés à bloquer l’accès à tous ceux qui n’auraient pas mis la main à la poche. Et les prix pratiqués ne sont pas négligeables : 30-35€ la lecture d’un seul article, prévenant ainsi le citoyen lambda de se renseigner à la source, directement dans les articles, entretenant une ségrégation surannée entre les scientifiques et le reste du monde.

Pire encore : les éditeurs, malin comme ils sont, font des formules d’abonnement qu’ils proposent aux universités. Alors qu’en France, elles ont déjà une insuffisance totale de moyens, voilà qu’une part importante de leur budget sert à payer des éditeurs qui, rappelons le, ne servent à rien* (ils ne financent aucune recherche, n’en produisent pas non plus et, pire encore, demandent parfois au chercheur lui même de payer pour être publié). Bien entendu, pour certaines universités prestigieuses aux moyens conséquents, se doter d’abonnements pour toutes les revues n’est pas un problème. Pour l’université locale d’une ville du Kazakhstan, par contre, c’est une autre histoire…

On est loin de la recherche ouverte et accessible à tous.

Je n’ai pas cité le Kazahkstan par hasard. C’est dans ce pays que le Dr. Alexandra Elbakyan a réalisé son doctorat. Et, justement, son université n’avait aucun abonnement, rendant la tâche extrêmement ardue. Elle a donc décidé de créer un site qui court-circuiterait les paywalls et laisserait n’importe qui accéder à n’importe quel article scientifique librement. Sci-hub était né.

Bien évidement, les éditeurs n’ont pas été contents et n’ont pas attendu pour engager des procès à l’étudiante, qui doit se battre contre ces géants de l’édition. Ainsi donc, je ne peux que vous encourager d’utiliser son site, de le diffuser et, si vous pouvez, d’y contribuer. L’objectif de la science est d’être transparente, accessible et ouverte à tous.

Voici le lien, copiez simplement soit l’URL, soit le DOI  (si l’URL ne marche pas), soit le titre de l’article dans le moteur de recherche et laissez la magie opérer.

http://sci-hub.hk/

Ce site étant très souvent visé par les attaques en justice des éditeurs, il change souvent d’addresse. Si le lien ne fonctionne plus, merci de me contacter pour l’updater.

Si cela ne marche toujours pas, l’utilisation conjointe d’un VPN (certains sont gratuit et existent en extension chrome, ex: ZenMate ou Holla) a montré son utilité.

 


source: https://torrentfreak.com/sci-hub-tears-down-academias-illegal-copyright-paywalls-150627/

*Je ne parle pas, dans cet article, du cas des éditeurs open-access.