Après le Brexit, le Frexit, le Neuropsychoxit? De l’avenir des neuropsychologues en France

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Je me souviens d’un de ces soirs d’hivers, il y a quelques années. Il fait nuit dehors, et les néons de la salle soulignent la fatigue de nos visages d’étudiants d’une lumière pâle. Nous sommes installés en cercle et contemplons la lenteur avec laquelle le temps peut passer, dans une de ces séances de « supervision de stage ». Vous vous en souvenez ? c’était l’un de ces cours qui avait lieu bien trop tard, ou trop tôt, et dont le contenu, quand vous êtes à 6 mois de la fin de votre cursus, peut vous paraitre (sur le moment) assez pauvre, si ce n’est (ironiquement, j’ai moi même donné ce cours par la suite… je confirme donc qu’il est en réalité très utile :D).Quoi qu’il en soit, j’étais là, regardant par la fenêtre, admirant l’architecture des toits de Boulogne-Billancourt, quand soudain mon attention se fit saisir par un tumulte naissant dans la salle. Je réussi à donc m’inhiber et décrocha mon regard pour me tourner et me concentrer sur, une fois n’est pas coutume, un débat qui venait de naître entre la prof et un étudiant.Les détails m’échappent ou se distordent, mais le casus belli était centré autour du fait que la prof (peut-être se reconnaitra-t-elle ?) s’opposait à l’appellation de « neuropsychologue » :« On n’appelle pas un médecin spécialisé dans les SEP [scléroses en plaques] un sépologue ! »

Outré par cet argument fallacieux, je plonge dans ce débat qui m’est cher (voir cet article pour comprendre le contexte du présent billet). S’en suit une longue discussion à la rhétorique musclée qui, pour le plus grand bonheur des étudiants, nous occupe jusqu’à la fin du cours. Une discussion au cours de laquelle je m’obstine, ne comprenant pas pourquoi refuser ainsi d’embrasser entièrement notre spécialité. Pourquoi diable tenir si fortement à ce « psychologue » solitaire ?! Appellation qui, à mon sens, ne perd rien de sa valeur quand elle est précédée de la particule « neuro-« . La discussion continue donc dans le couloir, de manière plus apaisée. Alors que nous sommes plus que tous les deux, la prof lâche le morceau« Le seul moyen de sauver la profession c’est de créer un ordre des psychologues, puis de revaloriser la formation par le haut. »

Tout s’éclaire alors.L’idée qu’elle soutient est qu’il faut s’harmoniser à l’international, ce qui passe par 1) la création d’un ordre des psychologues pour encadrer et structurer la profession, ce qui permettrait ensuite de 2) revalorisser la formation, c’est à dire de faire passer la formation d’un niveau master à un niveau doctorat, comme dans la majorité des pays du monde. De là, la logique suivante en découle : pour créer un ordre des psychologues, il faut que tous les psychologues s’unissent. Pour unifier les psychologues, il faut arrêter de nous diviser. Pour ne pas nous diviser, il ne faut pas mettre en avant sa spécialité, mais souligner le fait que nous sommes tous psychologues.Ayant compris sa perspective et acceptant sa logique, je comprends que notre discussion ultérieure était faussée : nous ne débâtions pas de la même question ! Je lui réponds alors : « Nous sommes d’accord sur le bateau, sur le cap, mais pas sur les passagers. » (Métaphore qui aurait pu s’avérer douteuse dans le contexte actuel)

Voici venu le moment pour moi d’expliciter ce que je voulais dire.

Vers un ordre des psychologues ?

De très nombreuses voix s’élèvent depuis des années en faveur de la création d’un ordre des psychologues. Ce à quoi je suis entièrement favorable. Il y a beaucoup trop de charlatans qui se font passer pour des psys et des psys qui ont des pratiques de charlatans (mais non, chers analystes Lacaniens, ne vous sentez pas tout de suite visé). Il s’agirait de faire un peu de ménage dans la maison, mais aussi de redéfinir les missions, les outils, les domaines, les formations et à peu près tout ce qui touche de près ou de loin à notre pratique. De structurer tout ca en y important un cadre ayant une valeur légale, ce qui permettrait en retour de (re)transférer aux psys le pouvoir de définir eux-mêmes les bonnes pratiques et de pouvoir sanctionner celles qui s’en écartent et qui nuisent à la profession toute entière.Mais le pourquoi de la création d’un ordre des psys est en soit un sujet différent, qui nécessiterais un article à part entière. Je vais donc me focaliser sur l’objet présent : Pourquoi la création de cet ordre est dans une impasse et quelles sont les voies de sortie. 

Les pros et les anti

Pourquoi est-ce que personne n’a réussi à se mettre d’accord sur cet ordre ? Quand on discute entre neuropsychologues, cela semble assez curieux : l’extrême majorité est assez d’accord sur sa nécessité et son bien-fondé. Alors oui bien sûr, cela est toujours accompagné de questions et d’inquiétudes (« comment ça, réguler la pratique ?! ») : personne n’aime être évalué et devoir se conforter à des règles externes qui pourraient éventuellement nous obliger à sortir de notre zone de confort. On peut aussi s’interroger sur d’autres aspects concrets relatifs à cet ordre : qui en seraient les décideurs ? Quelle serait sa philosophie, sa direction, la part d’universitaires et de praticiens, etc., mais il vaut mieux économiser notre énergie pour répondre à ces questions plus tard, quand le temps viendra, quand nous aurons un début de quelque chose.Alors ca, c’est entre neuropsychologues. C’est une bonne nouvelle, on est plutôt d’accord. Mais cela ne suffit pas… et QUID des autres ? De mon expérience personnelle, naturellement biaisée, j’ai l’impression que nos collègues cliniciens de la mouvance scientifique (comme les TCCistes), sont également plutôt en faveur de l’ordre. Et cela semble plutôt logique : ils ont des pratiques dites basées sur les preuves (« evidence based« ). Ces pratiques ont l’habitude (et sont nées de) l’évaluation et de la recherche scientifique et sont donc sans crainte quant à leur propre bien-fondé.Mais l’enfer, c’est les autres. Les praticiens et défenseurs d’une psychologie clinique qui serait non-scientifique ou pseudo-scientifique, comme les courants psychodynamiques, ne veulent pour la majorité pas entendre parler d’un ordre. Bien qu’ils soient eux sont très content d’être et de pouvoir se dire « psychologue », ce leur offre une légitimé supplémentaire à moindre coût, ils n’ont aucun intérêt dans une structure cadrante. Ils ont déjà leur instances (sociétés de psychanalyse), leur « formation » (i.e., faire une psychanalyse soi-même), leurs congrès, leurs universités (ou a minima leurs masters et UE), se gargarisent de leur connaissance de l’inconscient et surtout s’en mettent plein les poches. Et on leur propose de se faire évaluer ? De se conforter à des recommandations d’une soi-disant « science » ? De passer encore plus d’années sur les bancs de l’université inutile ? De devoir rendre de comptes de sa formation continue ? De risquer de perdre sa licence d’exercer parce que notre contre-transfert de libido a débordé de notre réalité psychique ? Vous rigolez j’espère ?!

Malheureusement, ce courant de pensée domine encore largement les hautes-instances, et joue ses cartes politiques avec une habilité inégalée : ses membres sont très bien placés dans le système. Ainsi, rien que du fait de la position dominante des antis, créer un ordre (et ne pas leur en laisser le contrôle) semble pour l’instant très compliqué à réaliser.

Mais bon, à cet argument, une solution possible. Attendre. En effet, la psychanalyse est une page dans l’histoire de la psychologie, qui n’a plus aucune raison d’être (en tant que discipline universitaire et pratique clinique). Elle finira par se tourner en France aussi, à mesure que les anciennes générations sont remplacées. Il faut donc se réjouir ! Dans 20 – 30 ans, peut-être que la majorité d’entre nous sera d’accord !

Un ordre en désordre

Mais si c’était que ça… En effet, la bataille entre psychologues scientifiques et non-scientifiques n’est qu’une partie du problème. Ci-dessus, je parlais principalement des psychologues « cliniciens » au sens large du terme. Mais si on veut faire un ordre des psychologues, il faut compter tous les psychologues : psychologues du travail, psychologues scolaires, psychologues sociaux, psychologues expérimentaux, psycholinguistes, psychologues du sport…Après tout, on est tous psychologues avant tout, non ?

Maintenant, imaginez que l’ordre des psychologues est créé. L’un de ses objectifs, naturellement, est d’unifier les pratiques et d’établir des recommandations. Mais quel intérêt aurait cet ordre, s’il assimile un psychologue du sport et un gérontopsychologue ? Car les besoins sont complétement différents entre les disciplines. Par exemple, les branches cliniques voudront mener le combat du remboursement des actes d’évaluation ou de prise en charge, combat dont se fiche le psychologue expérimentaliste. Les branches neuroscientifiques pourraient suggérer l’idée de prolonger les études, au vu de l’approfondissement récent de leur champ, mais cette idée ne sera pas forcément adaptée à tous les psychologues. Les revendications, les demandes, les combats, et les nécessités et les priorités sont trop différents entre spécialités pour être unifiées.

On pourrait se dire que la solution réside dans la démocratie représentative, qui prend en pratique la forme d’un conseil administratif avec des représentants de chaque discipline. Ce conseil se réunirait tous les X mois pour hiérarchiser et décider des demandes et des combats. Vous imaginez seulement ? Déjà qu’il est difficile d’acter quoi que ce soit dans un staff à 8, qu’est-ce que ce serait ici… Des heures de réunions sans fin et, au final, rien de concret pour les professionnels.

Autre solution, des sous-ordres. L’ordre des psychologues serait une coquille pour différents sous-ordres ; un pour les psychologues du sport, un pour les neuropsychologues, un pour les psychologues de la santé… Cela fonctionnerait sans doute… Mais alors quel est l’intérêt de la maison-mère ?!

Pour résumer, une structure faite pour trouver et apporter des solutions aux besoins des psychologues est fondamentalement inutile car les différents psychologues n’ont pas les mêmes besoins.

Ce qui nous ralenti ici nous ralenti aussi à d’autres niveaux. Il est temps d’accepter que la prémisse avec laquelle on nous bassine depuis notre plus tendre License, voulant que « la psychologie est unique et nous sommes tous seulement psychologues » est révolue. La psychologie, bien que récente, est une discipline qui a grandi et beaucoup changé depuis un siècle et demi. Elle s’est diversifiée et aujourd’hui, il ne fait plus grand sens de tout maintenir enserré dans le même carcan. 

On peut trouver de nombreux précédents de scissions dans l’histoire. Par exemple, la psychiatrie et la neurologie étaient il y n’y a encore pas très longtemps une seule et même discipline. Dans la queue de la cantine de l’asile, les épileptiques étaient aux côtés des hystériques, derrières les schizophrènes et devant déments frontaux. Mais un jour, la recherche a progressé, les médecins ont compris que cela n’avait plus grand sens et ils ont scindé les disciplines. Et je vois vos yeux, las de lire cet article ronflant, s’éclairer : « mais c’est justement un très bon contre-exemple« . Les spécialités de médecine sont très différentes, mais elles ont pourtant un ordre unique ! Pourquoi ne pas faire comme les médecins ?

De manière générale, il faut cesser de prendre systématiquement la médecine comme exemple. C’est comme comparer des choux et des poireaux : ces disciplines n’ont ni la même histoire, ni le même destin. La médecine est une discipline clinique avec un but concret unique : soigner les malades. À contrario, la psychologie n’est 1) historiquement pas une discipline clinique (le soin mental n’est qu’une des nombreuses applications de la psychologie) et 2) n’a pas de but concret unique. La comparaison ne tient donc pas.Cependant, on peut regarder nos voisins du droit. Eux aussi n’ont pas « d’ordre des droitologues ». Ils ont un ordre des avocats et un conseil de la magistrature (un vague équivalent pour les juges). Plusieurs structures pour des métiers différents, qui découlent tous de la même branche initiale. Cela vous rappelle quelque chose ?

Unioniste vs. Séparatiste

Une fois ce tableau dréssé, on peut voir en découler deux grandes solutions. La solution unioniste : rester coûte que coûte uni avec tous les psychologues, quitte à ne pas avancer, ou la solution séparatiste : autonomiser les spécialités qui ont des intérêts différents et ne sont pas solvables dans un même et unique fourre-tout. Dans la première voie, on attend de créer quelque chose qui aille et conviennent à tout le monde, quitte à piétiner longtemps. On privilégie la force à la vitesse : lorsqu’on aura finalement décidé quelque chose, on sera nombreux, uni, et donc la mettre en œuvre sera facile. Dans la seconde voie, c’est chacun pour soi. Les neuropsychologues veulent prolonger leurs études, qu’ils le fassent. Les psychologues du sport veulent une intégration plus proche avec les milieux sportifs, qu’ils l’aient. Les psychanalystes veulent supprimer les examens de leur cursus, bien sûr ! (comme si un examen pouvait évaluer l’art si subtil de l’analyse, non mais !). Rembourser les prises en charge des enfants est dans l’intérêt des psychologues clinicien, des neuropsy de l’enfant et des psys du développement, et bien faisons front commun pour cette bataille ! Cette permettrait de prendre des décisions plus vite et plus pertinentes pour répondre aux besoins directs. Mais mécaniquement, les revendications seraient moins fortes, car soutenues par moins de monde.

La troisième voie

Je ne vous cacherais pas qu’il fût un temps, quand j’étais jeune et pressé de faire changer les choses, où j’étais un neuropsychoxiter convaincu. Ma logique était la suivante : le système actuel ne nous mènera nulle part car en plus d’être malade, il est dysfonctionnel à la racine. Il faut donc quitter le navire au plus vite et créer notre propre structure, où nous seront libre d’être efficaces.Mais depuis, j’ai pris de la distance (j’ai déménagé physiquement) et je me suis un peu déradicalisé. Où plutôt, je comprends l’intérêt de ménager le chou et la chèvre. Mais il se fait tard, ici, et je n’avais pas prévu d’écrire autant, donc je préfère m’arrêter là. J’épiloguerais sur la troisième voie (et comment tirer profit du fait que « neuropsychologue » ne soit pas un titre reconnu) comme potentiel avenir des neuropsychologues un autre jour.

Ah, et pour conclure l’histoire du débat avec cette prof : On était tous deux d’accord sur le cap (revaloriser la formation, passer d’un niveau master à doctorat), sur le bateau (une structure légale cadrante comme moyen concret) mais pas sur les passagers (elle voulait le faire avec tous les psychologues, tandis que je pensais qu’il était plus simple et rapide d’y parvenir dans un premier temps seulement les neuropsychologues).

Et vous alors, êtes-vous plutôt unionistes ou neuropsychoxiter ?

 

Références

Le Cerédépsy (2019). Déontologie des psychologues : l’union fera la force: La démarche du Cerédépsy. Le Journal des psychologues, 366(4), 14-20. https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2019-4-page-14.htm.

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Qu’est ce que la neuropsychologie ?

phreneologyhead-graphicsfairy010bProcédons à une expérience simple et amusante. Prenez un jeune et brillant neuropsychologue et demandez lui « qu’est ce que la neuropsychologie ? ». Dans certains cas, après quelques balbutiements, il vous répondra par un exemple issu de son métier ; « la neuropsychologie, c’est faire ci ou ça ». Au mieux, il vous donnera une réponse incomplète, voire fausse : «la neuropsychologie est un outil», « une méthode » ou pire, « un point de vue »…

Non pas que le neuropsychologue en question soit incompétent, loin de là. Mais c’est un exercice que nous n’avons pas l’habitude de faire. L’enseignement de la neuropsychologie vient petit à petit, de manière dénouée et parcellaire. Si, in fine, nous en acquérons une vision globale, jamais la verbaliser n’est nécessaire. De plus, la définition de la neuropsychologie, complexe et difficile à formuler, est surtout très débattue. Les métiers qui en découlent sont multiples et, trop souvent, d’aucuns essayent de circonscrire la neuropsychologie à leur petite activité. Par exemple, un neuropsychologue qui fera de la remédiation cognitive avec des patients psychiatriques aura sans doute une vision quelque peu différente de celui-ci qui réalise, jour après jour, des examens neuropsychologiques diagnostiques dans un service de neurologie. Et c’est sans compter tous les neuropsychologues ayant choisi une carrière universitaire et académique, enseignants et/ou chercheurs, parfois critiqués par leurs confrères cliniciens.

Aucun problème, dirait le lecteur averti, prenons une définition plus large. Pas si simple. La neuropsychologie occupe une place à part dans l’organigramme de la science, à la frontière exacte entre les sciences humaines, les sciences de la vie et les sciences médicales. En donner une définition trop large reviendrais à perdre son essence dans les tréfonds nébuleux des neurosciences et de la psychologie. Les neuropsychologues, qu’ils soient cliniciens ou pas, ont une formation commune, des bases théoriques spécifiques, un canevas d’analyse et d’interprétation sous-tendu par une méthode rigoureuse et scientifique.

C’est pourquoi, dans l’objectif d’un consensus ouvrant à la compréhension et au débat, je vais tenter de proposer une définition simple, complète et informative.

Le premier point obligatoire, l’axiome premier, est la notion de science. «Science», nous dit Schopenhauer dans sa thèse à l’intitulé baroque (De la quadruple racine du principe de raison suffisante), « signifie un système de connaissances, c’est-à-dire une totalité de connaissances reliées ensemble, par opposition à leur simple agrégat. ». Ce principe s’appliquant parfaitement à la neuropsychologie, qui contient des théories, des hypothèses et des preuves se nourrissants les unes des autres, elle devient de facto une science. Mais pas n’importe laquelle.

La neuropsychologie fait partie d’un amas de sciences ayant pour intérêt la constitution, le fonctionnement et la production d’un même objet : le cerveau. Par conséquent, elle fait partie intégrante des neurosciences. Elle se situe même à cheval entre les neurosciences médicales (la neurologie, la psychiatrie, la psychopathologie…) et les neurosciences fondamentales (la neurobiologie, la neurophysiologie, la psychologie cognitive…). De plus, elle est également liée par de multiples aspects aux neurosciences appliquées (psychopharmacologie, neuro-ingéniérie, neuromarketing etc.).

La nébuleuse des neurosciences.

La nébuleuse des neurosciences.

Comme dit plus haut, la neuropsychologie est un champs d’étude intégrant des théories, des méthodes d’investigations spécifiques, des débats et des experts, qui s’intéresse à la relation entre matière cérébrale, son organisation anatomique et fonctionnelle, et a son lien avec la cognition et la pensée.

Contrairement à d’autres domaines, la neuropsychologie possède également une composante pratique, appliquée, qui se développe dans l’évaluation, le diagnostic et la prise en charge de patients pouvant souffrir de pathologies très diverses.

Ces multiples facettes font la richesse de la neuropsychologie et offrent une liberté de travail potentiellement exceptionnelle. 

Ainsi donc, en résumé* :


La neuropsychologie est une science théorique et pratique étudiant le lien entre l’organisation et le fonctionnement du cerveau, la cognition, la pensée et le comportement.

Elle comporte deux aspects intimement liés :

  • La neuropsychologie expérimentale étudie les variabilités du cerveau et de la cognition (qu’elles soient d’origine pathologique ou non) pour tester des modèles et développer des théories sur le fonctionnement mental, visant ainsi à une meilleure compréhension de l’Homme.

  • La neuropsychologie clinique utilise les théories et les modèles sur le fonctionnement mental pour mieux détecter et appréhender les troubles et les déficits d’une pathologie, menant à un diagnostic précis, tout en développant et appliquant des prises en charges modernes et adaptées.

La neuropsychologie se situe au centre de la nébuleuse des neurosciences, au carrefour de la théorie et de la pratique. Ses praticiens, les neuropsychologues, sont liés par une formation commune, des bases théoriques spécifiques, un canevas d’analyse et d’interprétation sous-tendu par une méthode d’investigation rigoureuse et scientifique.


2017 : Cette définition est enseignée aux étudiants de psychologie de l’université Sorbonne Paris-Cité.