Le Profileur gestuel – J. Messinger

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Le Profileur gestuel – Joseph Messinger (2009)

Certes, cela pose des questions de sécurité et de liberté importantes… néanmoins, le traçage de l’activité sur internet a parfois du bon. Notamment en ce qui concerne la publicité ciblée.

Et bien oui, quitte à avoir de la pub’, autant qu’elle soit intéressante. C’est donc dans ce cadre que les doux algorithmes d’Amazon, qui visiblement commencent à me connaitre, me proposent une liste (bien fournie) « d’articles qui pourraient vous intéresser. » Le pire, c’est que j’y dégote des choses intéressantes. Parfois.

D’autres fois, c’est un pousse-au-crime, comme avec ce petit (7 x 10 cm) Profileur gestuel. Bon, je me doutais que ça n’allait pas être la révélation du siècle : bien qu’elle commence à se dissiper, la mode des micro-gestes, du décryptage, du mentalisme et de la manipulation vogue encore sous une brise bien lucrative. Pourtant, malgré le fait que j’en connaisse les dérives et les déformations les plus caduques, ce livre-ci m’a convaincu de lui laisser une chance.

L’auteur, décédé en 2012, aurait été LE spécialiste de la symbolique gestuelle. Et, surtout, le livre est à 2,99€.

Bon, la quatrième de couverture commence mal :

« Vos gestes révèlent votre véritable personnalité. »

« Mieux choisir vos amis avec ce détective gestuel. »

Ces deux accroches suggèrent 1) que nos gestes révèlent une personnalité que nous mêmes nous ignorons d’avoir et 2) qu’il faut choisir ses amis en fonction de leur gestes… grâce au manuel, évidement. Ainsi, cher ami, si par malheur tu as le regard orienté en bas à gauche, tu es donc « menteur professionnel, doublé d’un hypocrite, dans presque tous les cas de figure » [P. 99].

En résumé, le contenu du livre frise le délirant. L’auteur y enchaîne pèle-mêle références neuroscientifiques pour enfants de 4 ans (le plus souvent avec cette histoire de cerveau gauche / cerveau droit), références psychanalytiques, banalités, considérations coiffeur-esques (voir extrait n°2 et 4), et citations littéraires essorées à l’eau de pluie.

Traverser ces 159 (mini-) pages est, au mieux, divertissant et, au pire, inquiétant et déprimant : de nombreuses personnes y adhèrent réellement. Sans vouloir rentrer dans un moralisme plat saupoudré de suffisance rationaliste, la question de comment briser les mythes et les fantasmes dérivés de ces pseudo-sciences se pose…

Quelques extraits (réels, j’insiste) :

  • P. 19: « Votre interlocuteur (masculin et droitier) croise les jambes. La jambe droite couvrant la gauche : La jambe droite est commandée par l’aire cérébrale gauche, c’est à dire le cerveau cognitif [et le cerveau droit il fait quoi ? il joue aux cartes ?]. » Votre partenaire est donc sur un mode attractif [quel rapport avec le cerveau cognitif ?]. « La sympathie est au menu de l’entretien ».

 

  •  P. 21: « La raie qui sépare vos cheveux en deux parties inégales est un sillon voyageur » : D’après l’auteur, la forme de la raie est loin d’être anecdotique. Le parent coiffant le plus régulièrement l’enfant dans sa tendre enfance impose la latéralité de cette raie et, ainsi, « projette inconsciemment son mode de séduction sur son héritier ». « La raie à droite » procède donc « d’un caractère bien trempé, un individu combatif. […] Chez la femme, elle dévoile une fille un peu mec […] qui refuse de jouer son rôle de femme [qui devrait être…?]. C’est une séductrice combative, une charmeuse de serpents ». Et la perle rare : « Il existe un rapport statistique visible entre la raie à droite et le port du sac suspendu à l’épaule droite qui définit la femme d’action. » J’en ris encore.

 

  • P. 23 : « Il pose son coude en appui sur la table et dissimule ses lèvres de son index droit » : L’index droit indique « un personnage qui tentera de jouer son influence pour vous amener à accepter ses conditions […]. Les bluffeurs abusent souvent de ce refrain gestuel alternatif ». Et, paragraphe suivant : « Quand l’index gauche dissimule les lèvres, le geste trahit aussi le bluffeur. Il tente de duper son monde pour avoir l’air, mais il n’a pas la chanson ». Conclusion, quelque soit l’index avec lequel vous vous dissimulez les lèvres : vous êtes un bluffeur !

 

  • P. 34 : « Le clin d’œil gauche est plus émotif, plus complice, il traduit une connivence amicale ou affectueuse sans connotation séductrice. » Mince, j’ai tendance à cligner avec le droit… que vont croire les gens ?

 

  • P. 36 : « Pas de sillon » : « Preuve de ‘consensualité’ et de convivialité : Ni susceptible, ni séducteur de haut-niveau, l’individu sans raie est juste doué d’un esprit d’adaptation qui lui facilite la vie et lui permet de se faire accepter partout sans levée de boucliers ». L’auteur rajoute, en vrai scientifique : « Cette définition tient sur l’observation des comportements de plusieurs individus aux chevelures très fournies et sans frontières définies ».

 

  • P. 38 : Vous applaudissez avec votre main droite qui vient percuter la gauche ? Votre mode d’implication est évaluateur, réducteur, voir critique. Vous jugez l’artiste au lieu d’apprécier la prestation.

 

  • P. 55 : « Un anneau unique à l’oreille gauche est révélateur d’un sujet fantasmatique et ambigu. Le lobe droit est synonyme d’érotisme et aussi d’opportunisme […]. Un anneau unique à l’oreille droite trahit le libertin ». J’aurais aimé entendre l’interprétation de l’auteur pour mes cinq anneaux…

 

  • P. 63 : « Vous vous grattez le genou gauche ? Votre envie de fuir le débat est annoncée sans être effective.

 

  • P. 64 : « Votre interlocutrice, en position assise, entortille sa jambe droite de sa jambe gauche ou l’inverse. La jambe boa gauche trahit la femme fusionnelle. La jambe qui est emprisonnée est possédée par l’autre jambe. Cette posture préfigure une possession symbolique de type amoureux ». L’auteur ajoute ensuite une petite citation de derrière les fagots : « Ne dit-on pas que la jalousie est une prison dont la femme qui en est la gardienne a perdu la clef ? » Très bien, mais quel rapport ?

Vous savez tout.

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Introduction à la philosophie esthétique

 

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Introduction à la philosophie esthétique – Marc Sherringham (2003)

 

« De toute façon, les goûts et les couleurs, ça se discute pas ». Cette banalité, en plus d’être horripilante, renvoie à une forme de relativisme utile, tout au plus, à fermer une discussion avec inélégance. Qui plus est, si elle semble être une évidence pour la plupart des gens qui aiment à la rappeler, beaucoup ignorent que, jusqu’à récemment, le beau n’était justement pas une affaire de « goût ».

Ce n’est qu’avec le scepticisme de Hume au 17ème siècle, puis l’avènement du modèle critique mené par Kant que se fait remplacer le modèle classique de l’esthétique, en place depuis l’antiquité grecque. Dans le modèle critique, le jugement esthétique se veut plaisir désintéressé, détaché, et universel. S’en suivra la conception romantique de l’esthétique qui finira par faire centrale le lien entre le beau et l’émotion qu’elle placera dans une perspective idiosyncrasique (que l’expérience et le jugement esthétique sont relatifs et peuvent  différer selon les individus).

Bien que l’étude scientifique du beau, de son jugement et de son expérience n’en soit qu’à ses balbutiements, elle est déjà décrié. Pourtant, elle espère apporter des réponses nouvelles à des questions millénaires en couplant la quête de la vérité (certains paradigmes esthétiques ont proposé que c’est avec l’art et le beau que se révèle la vérité), à la vrai nature de la réalité ainsi qu’à son ressenti émotionnel. Ainsi, c’est une nouvelle forme de relation au monde que tentent d’appréhender la recherche, aussi bien philosophique que scientifique, sur l’esthétique.

Les Yeux Brouillés – Dialogue entre Art, Science et Philosophie

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Les Yeux Brouillés – Vol. 1

Arrêtez de lire un instant et regardez autour de vous. Votre écran d’ordinateur, vos mains, votre bureau, votre clavier… Tout cela vous semble réel, non ?

Les sons que vous entendez, les couleurs que vous voyez vous semblent être bien là, dans ce monde extérieur, bien réelles… Et pourtant, elles ne sont que pure interprétation de votre cerveau. Les couleurs, les sons, les formes, rien de tout ceci n’a de sens… Et pourtant, il n’empêche, nous acceptons, sans même nous poser la question, l’hypothèse de la réalité du monde.

Quand je dis nous, j’exagère, car ce n’est pas une évidence pour tout le monde. Dans certaines pathologies psychiatriques, comme le trouble de dépersonnalisation / déréalisation, les patients savent que le monde est réel mais, pourtant, ne le ressentent pas comme tel. Et que dire d’un bon film, que l’on sait être de la fiction mais que, l’espace d’un moment, nous ressentons comme réel ? Ou encore, de nos rêves, pure construction de notre esprit, vécus également comme (trop) réels, ou des hallucinations expériencées par certains patients psychiatriques ou neurologiques… Quand on voit l’anxiété qu’elles peuvent générer, on en devient sûr : pour eux, ce n’est pas un film.

En fait, l’accès à la réalité n’est ni acquis, ni stable, ni évident. En fait, c’est la notion de réalité elle même qui est complexe, et qui mobilise depuis toujours les esprits des philosophes comme Platon, Descartes, Leibniz, Kant, Schopenhauer ou Nietzsche… et aujourd’hui, les neurosciences sont en train d’apporter un nouvel éclairage sur la question.

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Pour en savoir plus, je vous invite à lire ce premier numéro d’un nouveau magazine Bordelais, fondé par Marie Penavayre et Romain Quesnoy, dont le but est de rendre la connaissance plus accessible en mêlant art, science et philosophie. A l’intérieur se mélangent des articles écrits par des écrivains, des philosophes, des artistes, des scientifiques qui tous, à leur manière, tentent d’éclairer d’une petite lumière la question du rêve, de l’illusion et du réel.

Un très beau magazine, à la direction audacieuse et courageuse : je vous invite à soutenir ce projet en achetant leur magazine ou en vous abonnant à la page Facebook des Yeux Brouillés.

Facebook : https://www.facebook.com/LesYeuxBrouilles/

Commander en ligne : http://bit.ly/1Rycru7

 

 

Comment accéder gratuitement à tout article scientifique

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Le fonctionnement de la recherche est parfois étrange. Censé être diffusée, partagée, ouverte à tous, les seuls pouvant pourtant accéder aux articles scientifiques sont les universitaires ayant la chance d’être abonné aux revues. Pire encore, dès lors qu’un chercheur publie son travail, celui-ci ne lui appartient plus !

Autrefois, l’activité la plus longue, complexe et fastidieuse d’un scientifique était la recherche des autres travaux accomplis sur un sujet donné. Imaginez-vous, en 1872, chercheur français s’intéressant aux mécanismes de communication du cerveau. De fantastiques travaux sont alors réalisés de par le monde, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Russie. Problème, le latin scolaire que l’on vous a enseigné est inutile : la plupart des recherches sont publiés dans leurs langues respectives et, à part quelques mots d’allemand ou d’italien, vous ne les maîtrisez pas assez. Autre problème, la circulation des revues et des livres. En effet, il faut voyager, se rendre dans les autres universités de par le monde et passer des journées entières à survoler les journaux en espérant trouver l’article qui fera avancer votre pensée. Et, à l’époque, se permettre de voyager longtemps et loin n’est pas à la portée de toutes les bourses.

De plus, dans cette époque tourmentée, il était courant que les états entrent en guerre les uns avec les autres, sonnant un glas temporaire sur ces pérégrinations intellectuelles. Ce système a perduré jusqu’à la guerre froide, où les recherches faites par les brillants chercheurs soviétiques étaient difficiles d’accès pour ceux de l’Ouest (et vice versa).

Mais alors, depuis la chute des blocs, la diminution de l’entrave à la libre circulation pour des motifs politiques, la démocratisation de l’anglais comme langue unique de recherche, la communication de masse, l’informatisation et la distribution des articles scientifiques grâce à internet ont-elles permis l’avènement d’un monde avançant ensemble vers la connaissance?

Que nenni !

Après les barrières culturelles et politiques s’est dressé une barrière économique.

Un diktat organisé par des éditeurs, tels que Elsevier, qui tiennent d’une poigne de fer l’accès aux articles et investissent des millions dans des paywalls au top de la technologie destinés à bloquer l’accès à tous ceux qui n’auraient pas mis la main à la poche. Et les prix pratiqués ne sont pas négligeables : 30-35€ la lecture d’un seul article, prévenant ainsi le citoyen lambda de se renseigner à la source, directement dans les articles, entretenant une ségrégation surannée entre les scientifiques et le reste du monde.

Pire encore : les éditeurs, malin comme ils sont, font des formules d’abonnement qu’ils proposent aux universités. Alors qu’en France, elles ont déjà une insuffisance totale de moyens, voilà qu’une part importante de leur budget sert à payer des éditeurs qui, rappelons le, ne servent à rien* (ils ne financent aucune recherche, n’en produisent pas non plus et, pire encore, demandent parfois au chercheur lui même de payer pour être publié). Bien entendu, pour certaines universités prestigieuses aux moyens conséquents, se doter d’abonnements pour toutes les revues n’est pas un problème. Pour l’université locale d’une ville du Kazakhstan, par contre, c’est une autre histoire…

On est loin de la recherche ouverte et accessible à tous.

Je n’ai pas cité le Kazahkstan par hasard. C’est dans ce pays que le Dr. Alexandra Elbakyan a réalisé son doctorat. Et, justement, son université n’avait aucun abonnement, rendant la tâche extrêmement ardue. Elle a donc décidé de créer un site qui court-circuiterait les paywalls et laisserait n’importe qui accéder à n’importe quel article scientifique librement. Sci-hub était né.

Bien évidement, les éditeurs n’ont pas été contents et n’ont pas attendu pour engager des procès à l’étudiante, qui doit se battre contre ces géants de l’édition. Ainsi donc, je ne peux que vous encourager d’utiliser son site, de le diffuser et, si vous pouvez, d’y contribuer. L’objectif de la science est d’être transparente, accessible et ouverte à tous.

Voici le lien, copiez simplement soit l’URL, soit le DOI  (si l’URL ne marche pas), soit le titre de l’article dans le moteur de recherche et laissez la magie opérer.

http://sci-hub.hk/

Ce site étant très souvent visé par les attaques en justice des éditeurs, il change souvent d’addresse. Si le lien ne fonctionne plus, merci de me contacter pour l’updater.

Si cela ne marche toujours pas, l’utilisation conjointe d’un VPN (certains sont gratuit et existent en extension chrome, ex: ZenMate ou Holla) a montré son utilité.

 


source: https://torrentfreak.com/sci-hub-tears-down-academias-illegal-copyright-paywalls-150627/

*Je ne parle pas, dans cet article, du cas des éditeurs open-access.

Comment notre corps et notre cerveau réagissent-ils aux images violentes ?

Reportage réalisé au Laboratoire Mémoire & Cognition (dir. Prof. P. Piolino), Institut de Psychologie, Université Paris Descartes.

Tous les droits appartiennent à France Télévision.

Films Psychologiques: Cinéma, Psychologie, Psychiatrie et Cerveau.

Le cinéma, comme les autres formes d’art, guide la société en jalonnant son évolution. Les films sont un vecteur ludique d’images et de notions. Ils peuvent servir à illustrer certains concepts, certaines théories ou pathologies, en espérant que cela donne envie au spectateur de se renseigner et de s’informer, plus en détail, sur des sujets importants et souvent méconnus.

La folie est un thème puissant, permettant de la part des réalisateurs de créer les intrigues les plus complexes et les retournements de situation les plus improbables. Ce n’est pas pour rien que la maladie mentale trône en sujet le plus fréquent. Effrayant ou triste, rarement comique, l’angle prit par les cinéastes pour dépeindre la psychopathologie témoigne aussi des attentes de leur public.

Voici une liste de films, en lien d’une manière ou d’une autre avec ce qu’il peut se passer dans notre cerveau, à conseiller à vos étudiants, patients ou toute personne intéressée par la psychologie :

Épouvante / Thriller : 

  • Avant d’aller domir (Before I go to sleep, 2014) : Amnésie (patient HM)
  • The Iceman (2013) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale
  • Effets secondaires (Side Effects, 2013)
  • Shutter Island (2010) : « Asile » psychiatrique, psychanalyse, « déni / refoulement », schizophrénie
  • The Machinist (2005)
  • Trouble jeu (Hide and Seek, 2004) : schizophrénie, amnésie sélective
  • Fenêtre secrète (Secret Window, 2004: schizophrénie
  • Identity (2003) : trouble dissociatif, personnalité multiple
  • Dragon rouge (Red Dragon, 2002) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Hannibal (2001) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • The Barber (The Man Who Wasn’t There, 2001) : personnalité schizoïde
  • L’Expérience (Das Experiment, 2001) 
  • American Psycho (2000) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale
  • Sixième Sens (The Sixth Sense, 1999) : psychologue de l’enfant
  • The game (1997)
  • Se7en (1995) : schizophrénie, trouble dissociatif
  • Copycat (1995) : Trouble panique avec agoraphobie
  • Le Silence des Agneaux ( The Silence of the Lambs, 1991) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme, dysphorie de genre
  • The Shining (1980) : Trouble dissociatif
  • Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me, 1971) : personnalité borderline
  • Psychose (Psycho, 1960)  : trouble de personnalité
  • Le Sixième Sens (Manhunter, 1960) : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Santa Sangre  (1989) : schizophrénie

Drame

  • The Road Within (2014) : Tourette, TOC, Anoréxie
  • Welcome to Me (2014) : trouble de personnalité borderline
  • Love & Mercy (2014) : trouble schizoaffectif
  • Camille Claudel, 1915 (2013)
  • Happiness Therapy (Silver Linings Playbook, 2012) : Trouble bipolaire
  • Une soeur aux deux visages (Of two minds, 2012) : schizophrénie
  • Augustine (2012) : Charcot, Hôpital Psychiatrique, « Hystérie » / Trouble somatoforme
  • Take Shelter (2011)
  • Black Swan (2011) : trouble dissociatif, trouble délirant, hallucinations, schizophrénie
  • Everything Must Go (2011) : trouble d’utilisation de substances, addiction
  • A Dangerous Method (2011) : Freud, Jung, « Hystérie » / Trouble somatoforme
  • Une drôle d’histoire (It’s Kind of a Funny Story, 2010) : Hôpital Psychiatrique, Borderline
  • Choke (2008)
  • Rachel se marie (Rachel Getting Married, 2008) : trouble de la personnalité, addiction
  • La question humaine (2007)
  • À cœur ouvert (Reign over me, 2007) : syndrome de stress post-traumatique (PTSD), trouble dissociatif
  • Courir avec des ciseaux (Running with Scissors, 2007)
  • Une fiancée pas comme les autres (Lars and the Real Girl, 2007) : Trouble délirant systématisé, pschothérapie
  • Raisons d’État (The Good Shepherd, 2006) : personnalité schizoïde
  • Frankie (2005)
  • Aviator (2004) : Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC)
  • Irrésistible Alfie (Alfie, 2004) : Personnalité narcissique
  • N’oublie jamais (The Notebook, 2004) : Maladie d’Alzheimer
  • Les Associés (Matchstick Men, 2003) : trouble obsessionnel compulsif (TOC)
  • Prozac Nation (2003) : personnalité borderline, dépression, trouble d’utilisation de substances
  • Elephant (2003)
  • The Hours (2002) : Dépression / trouble bipolaire
  • Down to the Bone (2002)
  • La Secrétaire (Secretary, 2002) : Personnalité borderline, sado-masochisme, fétichisme, domination
  • Un homme d’exception (A Beautiful Mind, 2001) : Schizophrénie
  • Mortel transfert (2000) : Psychanalyse, épisode dissociatif
  • Traffic (2000) : trouble d’utilisation de substance, drogue
  • Une vie volée (Girl, Interrupted, 1999)
  • Fight Club (1999) : Trouble dissociatif de l’identité
  • Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons, 1998)
  • Instinct (1998) : psychiatre, hôpital psychiatrique pénitencier, psychothérapie
  • En présence d’un clown (Larmar Och Gor Sig Till, 1997)
  • Will Hunting (Good Will Hunting, 1997) : Psychologue, Psychothérapie
  • La Chambre tranquille (The Quiet Room, 1996) : mutisme sélectif, développement de l’enfant, trouble somatoforme
  • Peur primale (Primal Fear, 1996) : trouble dissociatif
  • La Leçon de piano (The Piano, 1996) : trouble somatoforme, mutisme
  • Leaving Las Vegas (1995) : addiction, suicide
  • Drunks (1995) : trouble d’utilisation de substance, alcoolisme
  • Nell (1994)
  • Mr. Jones (1994) : trouble bipolaire
  • État second (Fearless, 1993) : stress post-traumatique (PTSD), thérapie de groupe
  • Toto le héros (1991) : personnalité paranoïde
  • L’Éveil (Awakenings, 1990) : Maladie de Parkinson, Hôpital
  • L’île oubliée (Lord of the Flies, 1990) : Psychologie sociale, société
  • Sailor et Lula (Wild at Heart, 1990) : personnalité antisociale
  • Sweetie, 1989 : schizophrénie
  • La dernière tentation du Christ (The Last Temptation of Christ, 1988) :  épisode dissociatif
  • Liaison fatale (Fatal Attraction, 1987) : personnalité borderline
  • La Ménagerie de verre (The Glass Menagerie, 1987) : personnalité dépendante / évitante
  • Hannah et ses sœurs (Hannah and Her Sisters, 1986) : trouble somatoforme
  • Rain Man (1984) : Trouble du spectre autistique, autisme / « Asperger »
  • Les Vestiges du jour (The Remains of the Day, 1993) : trouble de la personnalité
  • Le Choix de Sophie (Sophie’s Choice, 1982) : Dépression / trouble bipolaire
  • Des gens comme les autres (Ordinary People, 1980) : depression, stress post-traumatique (PTSD)
  • Jamais je ne t’ai promis un jardin de roses (I Never Promised You a Rose Garden, 1977) : Thérapie, schizophrénie
  • Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest, 1975) : « Asile » / Hôpital Psychiatrique
  • Persona (1966) : trouble somatoforme
  • La Grande Parade (The Big Parade, 1925) : traumatisme, handicap

Science-Fiction

  • Matrix (1999, 2003, 2005) : réalité et entiment de réalité, intelligence artificielle
  • Mondes possibles (Possible worlds, 2000) :  réalité et sentiment de réalité, déprivation sensorielle, cerveau dans une cuve
  • eXistenZ (1999) : réalité et sentiment de réalité, jeux-vidéos
  • Au-delà du réel (Altered states, 1980) : réalité et sentiment de réalité, drogue, déprivation sensorielle, hallucinations

Comédie

  • Tous les espoirs sont permis (Hope Springs, 2012)
  • Elle s’appelle Ruby (Ruby Sparks, 2012)
  • Oh My God! (Hysteria, 2011) : Hystérie, histoire
  • Habemus Papam (2011) : psychanalyste
  • Petites confidences (à ma psy) (Prime, 2005) : psychanalyse, psychothérapie
  • Sex fans des sixties (The Banger Sisters, 2002) : personnalité histrionique
  • Hollywood Ending (2002) : trouble somatoforme / trouble factice
  • Pour le pire et pour le meilleur (As Good as It Gets, 1997) : trouble obsessionnel compulsif (TOC)
  • Cyrano de Bergerac (1993) : dysmorphophobie

Documentaire / Biographie

  • Neurotypical (2014) : trouble du spectre autistique
  • Elle s’appelle Sabine (2008) : trouble du spectre autistique
  • Shine (1996) : schizophrénie
  • Freud, passions secrètes (Freud, 1962) : Psychanalyse, Sigmund Freud, troubles somatoformes
  • Eleanor Longden: The voices in my head : témoignage schizophrénie
  • Nova – Dying to be Thin : trouble du comportement alimentaire (anorexie mentale / boulimie)
  • Take these Broken Wings : schizophrénie

Dessin animé

  • Vice-versa (Inside Out, 2015) : Mémoire autobiographique, émotions

Série

  • Hannibal : « Psychopathie » / trouble de personnalité antisociale, cannibalisme
  • Sense8

Il manque un film? N’hésitez pas à m’envoyer vos suggestions, je les rajouterais sur la liste 🙂

Un grand merci pour les contributions de Ninette Abi Atallah,  Joséphine Caron, Eric Bethermat et François-Paul Maury.

Human Physiology – J. Elliotson (1840)

Human Physiology - J. Elliotson

Human Physiology – J. Elliotson

Imaginez ma surprise quand, dans les allées poussiéreuses des antiquaires de Portobello Road à Londres, je tombe sur ce livre à l’allure de vieux grimoire de sorcier. Un précieux témoignage d’une époque si différente, et pourtant si proche. 20150513_084133

En 1840, le Romantisme est à son apogée. La froideur et l’égalitarisme des lumières ont fini de faire place à l’exergue de l’expression de l’individualité, et surtout, d’une psychologie nouvelle, profondément matérialiste, basée sur le corps, les émotions et donc, le cerveau. Naturellement, les thèses héréditaristes, eugénistes, racistes et misogynes et sont à l’époque le nec plus ultra du monde savant. S’opposant violemment à ceux les précédant, ces penseurs clament haut et fort que la raison n’est pas partagée de manière équitable, que tous les hommes ne sont pas égaux, que l’Homme et la Femme sont profondément différents, et cetera, et cetera. Parfois, il est vrais, ces assertions manquent de soutien empirique.

Cela n’empêche pas John Elliotson, fervent partisan des théories de F. J. Gall dès le début et matérialiste radical, de déclarer que « le mâle est formé pour la puissance physique et intellectuelle, la femelle pour la gentillesse, l’affection et les sentiments« . Au delà du caractère péremptoire qui semblerait aujourd’hui être une provocation, une charge contre la Femme, c’était à l’époque considérer la femme, non plus comme une créature dénuée de raison, mais comme un être à part entière, mu par des motivations particulières, aux différences certaines et dignes d’intérêt.

Est-ce pire que Cabanis (celui qui a donné son nom à la rue d’entrée de l’hôpital Sainte-Anne), qui précisait à la fin du 18ème, que les femmes avaient des cerveaux plus « tendres » que les hommes, et qu’elles restaient quelque peu des « enfants toute leur vie » ?

20150513_084641 Quoi qu’il en soit, le livre regorge de gravures anatomiques d’une qualité impressionnante. Couvrant le corps entier, une grande place est cependant accordée au Système Nerveux, dont les avancées sur la compréhension galopaient comme jamais au travers de ce siècle. Elles rassemblaient philosophes, scientifiques, médecins et poètes, qui participaient tous, à leur manière, aux balbutiement des neurosciences. A la fin de l’ouvrage, c’est avec un amusement très contemporain que le lecteur découvre deux chapitres annexes, couvrant très sérieusement les théories les plus modernes en vogue à l’époque: la phrénologie et le mesmérisme…20150513_084217

Le Beau Livre de la Psychologie – W. E. Pickren (2014)

Le Beau Livre de la Psychologie - Du Chamanisme aux Neurosciences - Walde E. Pickren 2014

Le Beau Livre de la Psychologie – Du Chamanisme aux Neurosciences

L’habit ne fait pas le moine. Certes.

Pourtant, l’on ne pourra s’empêcher d’évaluer spécifiquement quelqu’un qui se présenterait en sandales vêtu d’une longue tunique maronâtre… et ce avec raison, car dans 99% des cas, c’est effectivement un moine. Ces heuristiques, ces stratégies automatiques et peu coûteuses pour notre cerveau sont le fruit d’une longue et complexe évolution et, la plupart du temps, nous facilitent la vie. Mais pas tout le temps… Dans ce cas, elles ont bien failli me faire rater ce « Beau Livre de la psychologie ».

J’ignore si le titre est volontairement ironique, mais il faut avouer que l’ouvrage est ne donne pas envie. Avec son allure mystique de recueil de contes enfantins, il faut se forcer pour lui donner sa chance de receler un contenu lumineux et rafraîchissant.

Ainsi, malgré les mauvais goût de l’éditeur, et le prix lui aussi rebutant (30€), cet ouvrage (issu la série des « le Beau livre De … ») fut une surprise, l’intérieur étant en quelque sorte le négatif de l’extérieur.

Syndrome de Munchäussen

Syndrome de Munchäussen

Ici, la psychologie est, – pour une fois, replacée à l’aune de l’Histoire. Et non pas l’histoire depuis Pavlov, Freud, les lumières ou même le moyen-âge. non, l’Histoire de l’humanité . En effet, cette science est enracinée dans les réflexions des hommes depuis le premier jour. Bien qu’aujourd’hui, les théories anciennes semblent dépassées, obsolètes, anecdotiques voir drôles, elles étaient le fruit d’une profonde motivation à la compréhension de soi-même. Pour y parvenir, ces hommes faisaient avec ce qu’ils avaient: les astres, les saisons, les lignes de la main, les bosses du crâne…

De plus, l’oeuvre de Pickren met en lumière le rôle et l’apport considérable des cultures orientales et asiatiques sur notre vision des émotions, des sentiments, et de l’humain en général. Il place chaque grande découverte, chaque grande théorie à égalité, une page pour chaque, par ordre chronologique, apportant une vision quasi-évolutionniste de la psychologie .

Ainsi, cet ouvrage est à parcourir au moins une fois, pour nous rappeler que l’on vient de loin, et que le chemin reste encore long.

Les Quatres Nobles Vérités du Bouddha.

Les Quatres Nobles Vérités du Bouddha.

« Avengers, l’ère d’Ultron » en 3D : aussitôt vu, aussitôt oublié ? – FranceTV

Quel est l’effet réel de la technologie 3D pour l’utilisateur ? Pour y répondre, nous avons lancé une étude, sous forme d’un questionnaire en ligne, pour étudier scientifiquement ce phénomène.

Vous avez vu le film Avengers ? Alors n’attendez-plus, lisez l’article d’Ariane Nicolas, journaliste à FranceTV, pour en apprendre plus !

Cliquez sur l’image ou le lien suivant : « Avengers, l’ère d’Ultron » en 3D : aussitôt vu, aussitôt oublié ?

Métamorphoses de l’âme et ses symboles – C.G. Jung

Métamorphoses de l'âme et ses symboles - C.G. Jung (1996; 1er Ed: 1912)

Métamorphoses de l’âme et ses symboles – C.G. Jung (1996)

L’édition originale de 1912 est sous-titrée « Analyse des prodromes d’une schizophrénie ». C’est avec cet ouvrage que Carl Gustav Yung officialise sa rupture avec Freud. Il y établit les prémices d’une psychanalyse nouvelle, basée l’activité délirante d’un patient: Emil Schwyzer.

Celui-ci voit le soleil comme un astre doté d’un phallus dont les mouvements érotiques produiraient le vent. Jung, guidé par l’analyse de ses propres rêves, y verra une correspondance avec un passage mythologique (bien que le passage en question soit inconnu du sujet) et créera ainsi la notion d’archétype. Cette notion, centrale à la psychanalyse Jungienne, mêle socio-psychologie (et non pas psychologie sociale), psychologie évolutionniste, et même hypothèses neuroscientifiques. L’humain utiliserait spontanément une forme de représentation a priori, ancrée à un niveau neural, renfermant la structure même de la psyché, et commune à toutes les cultures. On retrouverait les traces de cette âme primordiale, de cette structure à forme d’inconscient collectif dans l’analyse des mythes, des symboles et des légendes.

Dans d’autres ouvrages, Jung pousse même jusqu’au confins de la métaphysique et du mystique avec son concept de synchronicité. Mais ceci sera pour une autre fois.